Principaux renseignements
- Les troubles qui ont secoué la France ont entraîné près de 1,8 milliard d’euros de pertes et de dégâts dans le secteur du commerce de détail.
- Le chiffre d’affaires pendant les fêtes de fin d’année devrait connaître une forte baisse, la confiance des consommateurs étant à son plus bas niveau depuis dix ans.
- La reprise de l’économie et du tourisme dépend avant tout du rétablissement de la sécurité publique.
Une atmosphère morose règne actuellement dans les rues commerçantes de Paris, où les lumières de Noël éclairent les vitrines barricadées et les barrières de sécurité. Les commerçants se préparent à des troubles persistants après plusieurs semaines d’agitation liée aux manifestations contre l’inflation et la baisse du niveau de vie.
Ces troubles ont entraîné le pillage et la destruction d’environ 2 400 magasins dans tout le pays, avec des pertes financières estimées entre 985 millions et 1,8 milliard d’euros, en tenant compte du manque à gagner et des dégâts non couverts par les assurances. C’est ce que rapporte Reuters.
Période des fêtes
Le moment choisi pour ces troubles est particulièrement préjudiciable. Les deux derniers mois de l’année représentent généralement 40 pour cent du chiffre d’affaires annuel du commerce de détail. Alors que la confiance des consommateurs a atteint son plus bas niveau depuis plus de dix ans, les perspectives pour la période des fêtes sont sombres.
Alain Di Crescenzo, de la Chambre de commerce française, a déclaré que l’activité commerciale dans les centres-villes était pratiquement au point mort. Les magasins pillés ont du mal à se remettre et à rouvrir. D’autres commerces ont fermé leurs portes par mesure de précaution et ont ainsi subi une perte de chiffre d’affaires. À l’heure actuelle, plus de 25 pour cent des magasins touchés sont toujours fermés.
Des commerces de proximité aux marques de luxe
Les violences ont touché divers secteurs, des commerces de proximité locaux et des supermarchés Carrefour aux marques de luxe telles que Louis Vuitton, Burberry et Hermès. De nombreux commerçants se fient aux alertes des patrouilles de quartier pour décider au dernier moment s’il est sûr d’ouvrir leur magasin ce jour-là.
Ainsi, Burberry a récemment rouvert sa boutique de la rue Saint-Honoré après dix jours de fermeture, tandis que Pandora maintient fermées plusieurs boutiques saccagées à Paris et à Lyon afin de protéger son personnel et ses biens.
Entreprises prennent des mesures de précaution
Les marques internationales mettent en œuvre diverses stratégies défensives. H&M a procédé à des fermetures anticipées et à des fermetures totales dans des dizaines de magasins situés dans des villes comme Lyon et Nantes. Adidas fait également état d’une baisse de la fréquentation de ses magasins et de la fermeture de certains d’entre eux. Son PDG, Bjørn Gulden, a toutefois déclaré qu’il était encore trop tôt pour évaluer l’impact global sur les résultats trimestriels.
Parallèlement, le PDG de Breitling a confirmé que ses boutiques resteraient fermées si les menaces de nouvelles violences persistaient.
Risques à long terme pour l’économie et le tourisme
Au-delà des pertes directes subies par le commerce de détail, ces troubles constituent une menace pour l’économie et le tourisme au sens large. Le grand magasin Printemps a reporté le dévoilement de ses décorations de Noël, et l’Office du tourisme de Paris craint que la couverture médiatique négative dans la presse internationale ne dissuade les visiteurs étrangers.
Des experts, dont Magali Marton de Knight Frank France, soulignent que la consommation est un moteur important de l’économie française. Selon eux, la reprise du commerce de détail est donc étroitement liée au rétablissement du sentiment de sécurité publique. (lv)
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