Principaux renseignements
- Les dirigeants de l’UE sont profondément divisés sur le financement et les priorités du budget 2028-2034.
- La proposition révisée de l’Irlande réduit les investissements stratégiques au profit des subventions agricoles et du remboursement de la dette.
- Les prochaines élections nationales poussent les décideurs politiques à trouver une solution à cette impasse financière d’ici fin 2026 au plus tard.
Les chefs d’État de l’Union européenne devraient s’engager demain dans des débats houleux concernant l’ampleur, les mécanismes de financement et les principaux objectifs du prochain budget à long terme. Un consensus immédiat semble peu probable, car les États membres qui contribuent le plus au budget sont fondamentalement en désaccord avec ceux qui reçoivent le plus de fonds.
Portée et enjeux du plan financier
Ce plan financier pluriannuel est essentiel à la mise en œuvre de diverses initiatives de l’UE, allant des subventions agricoles et des programmes d’échanges universitaires aux investissements dans la recherche et la technologie visant à contrer la pression économique exercée par les États-Unis et la Chine.
Il gère également la masse salariale de l’administration de l’UE, les efforts visant à stabiliser les conditions de vie dans l’ensemble de l’Union, ainsi que l’aide financière destinée à l’Ukraine. Le budget devant être approuvé à l’unanimité, les négociations sont souvent marquées par de vives tensions. Le cycle 2028-2034 s’annonce particulièrement difficile, car les différents pays sont actuellement confrontés à une hausse des dépenses de défense et à des coûts énergétiques élevés.
Propositions concurrentes
Alors que la Commission européenne avait initialement proposé un budget de 1 760 milliards d’euros – soit 1,26 pour cent du revenu national brut de l’UE – , ce chiffre a suscité une vive opposition de la part des pays nordiques, de l’Allemagne et des Pays-Bas, qui l’ont jugé excessif.
Une proposition révisée présentée par l’Irlande, qui sera examinée jeudi, ramène le montant total à 1 620 milliards d’euros. Ce montant comprend 150 milliards d’euros destinés au remboursement des dettes contractées pendant la pandémie.
Réductions stratégiques
Le plan irlandais réalise ces économies en réduisant les fonds alloués aux initiatives mondiales et en diminuant les réserves de précaution du budget, ce qui rend l’Union vulnérable aux crises imprévues.
De plus, les investissements dans les transports verts, l’action climatique, la connectivité énergétique et la compétitivité générale ont été revus à la baisse. À l’inverse, le financement du développement rural et des subventions agricoles a été augmenté, une mesure destinée à apaiser les circonscriptions agricoles influentes.
Course contre le calendrier électoral
Bien que le budget n’entre en vigueur qu’en 2028, les responsables sont impatients de le finaliser d’ici fin 2026. Cette urgence s’explique par une vague d’élections nationales à venir dans plusieurs États membres, notamment en Pologne, en Italie et en France, où les différends budgétaires pourraient devenir des armes politiques.
Pour sortir de l’impasse, les dirigeants pourraient se réunir lors d’une session extraordinaire les 26 et 27 novembre afin de préparer un éventuel accord en vue du sommet des 17 et 18 décembre.
(at)
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