Les capitaines navals dans le détroit d’Ormuz gagnent plus de 85 000 euros par mois


Principaux renseignements

  • Les primes de risque élevées incitent les capitaines et les équipages à braver les missiles iraniens dans le détroit d’Ormuz.
  • L’Iran utilise des blocus stratégiques pour perturber les exportations mondiales de pétrole et faire pression sur les alliances internationales.
  • Les attaques meurtrières ont transformé l’emploi maritime en un pari mercenaire à haut risque.

Commander un navire dans le détroit d’Ormuz est devenu un métier incroyablement lucratif mais périlleux, certains capitaines gagnant plus de 100 000 dollars (87 000 euros) par mois.

Missiles et drones iraniens

Ces augmentations salariales considérables visent à inciter les équipages à naviguer dans une région en proie aux missiles et aux drones iraniens, garantissant ainsi la poursuite des exportations de pétrole du Moyen-Orient malgré l’escalade des hostilités.

Si les récompenses financières sont substantielles, le risque est extrême. Ceux qui refusent ces missions sont rapidement remplacés par d’autres, souvent issus de pays économiquement défavorisés comme l’Indonésie, l’Inde et les Philippines.

Blocus

Les tensions géopolitiques découlent du blocus stratégique du détroit mis en place par l’Iran à la suite des opérations militaires de grande envergure menées par Israël et les États-Unis en février. En contrôlant cette voie navigable étroite, Téhéran vise à restreindre les exportations des États du Golfe et à faire grimper le coût de la vie à l’échelle mondiale, sapant ainsi le soutien international à l’alliance américano-israélienne.

Bien que certains pays aient détourné leur pétrole vers la mer Rouge ou le golfe d’Oman via des oléoducs, des pays comme Bahreïn, le Koweït et le Qatar restent dépendants du détroit. Pour contourner l’ingérence iranienne, ces nations recourent à des tactiques furtives, telles que des « allers-retours » nocturnes sous la protection de la marine américaine et des transferts clandestins de cargaisons de navire à navire.

Le coût humain

Malgré ces précautions, le coût humain a été considérable. Depuis février, 93 navires ont été pris pour cible, entraînant la mort de 24 membres d’équipage. Après qu’un afflux de navires non iraniens eut réussi à traverser la zone en septembre, l’Iran a intensifié sa campagne.

Le mois d’octobre à lui seul a vu entre neuf et quatorze navires touchés, selon que l’on cite des sources occidentales ou iraniennes, ce qui a fait chuter le trafic à son plus bas niveau depuis plusieurs mois.

Mercenaires

Ce danger a transformé la nature de l’emploi maritime dans la région. Au-delà des salaires à six chiffres des capitaines — qui incluent une prime de risque et des primes par voyage —, les marins ordinaires ont vu leurs revenus mensuels passer d’entre environ 1 500 dollars (environ 1 300 euros) et jusqu’à 9 000 dollars (environ 7 800 euros). La situation est devenue si critique que certains observateurs comparent désormais ces marins à des mercenaires.

Des augmentations de salaire similaires, bien que moins importantes, sont proposées à ceux qui bravent le golfe d’Oman et la mer Rouge, où les rebelles houthis continuent de prendre pour cible la marine saoudienne. Cela place les marins face à un sombre dilemme : ils doivent soit risquer leur vie pour une somme d’argent qui changera leur vie, soit faire face au chômage. (fc)

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