Principaux renseignements
- Meta a lancé Muse Wonder afin de rivaliser avec d’autres modèles d’IA destinés à des tâches professionnelles.
- Zuckerberg a investi des milliards dans l’infrastructure et le leadership afin de réaliser ce bond en avant technologique.
- Les tensions sur le plan réglementaire persistent, alors que Meta doit trouver un équilibre entre la transparence de l’open source et le contrôle de sa propre technologie.
Meta a présenté Muse Wonder, le modèle le plus récent et le plus puissant de son département d’IA, selon Bloomberg. Mark Zuckerberg a profondément restructuré ce département ces dernières années.
Ce modèle, anciennement connu en interne sous le nom de « Watermelon », est décrit par Alexandr Wang, directeur de l’IA, comme équivalent à Claude et ChatGPT, notamment pour les tâches juridiques, financières et de programmation. Meta n’a toutefois pas étayé ces affirmations par des données de référence.
Des affirmations ambitieuses
Ce lancement s’inscrit dans le calendrier interne dont The Information avait précédemment fait état, qui fixait octobre comme date cible pour le projet. C’est la troisième fois cette année que Meta affirme avoir atteint l’avant-garde de l’IA ; des déclarations similaires avaient été faites concernant Muse Spark 1.3 en septembre et le Muse Spark original en avril.
Lors de la sortie de la première version, Meta avait publié un aperçu des performances. Il en ressortait que le modèle était à la traîne par rapport aux leaders du marché en matière de raisonnement et d’indexation générale. Wang affirme toutefois que les tests de performance ne sont pas fiables et qu’ils sont faciles à manipuler. Il invite donc les utilisateurs à évaluer eux-mêmes les performances du modèle.
Accès au modèle
À l’heure actuelle, la disponibilité du modèle est limitée. Il est accessible aux développeurs via Muse Code et l’API Meta Model, et servira de moteur à la version premium de l’agent Muse récemment lancé par Meta.
Le développement de cette technologie a nécessité d’énormes investissements : Zuckerberg a alloué des centaines de milliards à l’infrastructure et dépensé 14 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) pour acquérir une participation dans Scale AI, principalement afin de s’assurer le leadership de Wang.
Réglementation européenne constitue un défi
En Europe, le débat porte principalement sur la question de savoir si Meta rendra publics les poids de ses modèles. La politique de l’entreprise à cet égard est mitigée. Elle met à disposition des modèles plus petits et simplifiés, tandis que les modèles les plus puissants restent la propriété de Meta.
L’article 53 de la loi européenne sur l’IA prévoit certaines exceptions aux obligations de documentation pour les modèles qui remplissent les conditions requises pour être considérés comme open source. Pour cela, les poids des modèles ainsi que les informations relatives à leur architecture et à leur utilisation doivent notamment être accessibles au public.
Lutte pour la transparence
Meta reste indécis quant à la transparence de Muse Wonder, à l’image de ses hésitations concernant Muse Spark 1.3. Zuckerberg a fait part de sa réticence à mettre en open source ses systèmes les plus puissants.
De plus, tout modèle considéré comme un risque systémique doit se conformer à l’ensemble de la réglementation, quelle que soit la licence, un cadre que Meta a contourné en refusant de signer le code de conduite pertinent. Cette soif de domination a déjà conduit à des erreurs, comme le retrait rapide de Muse Image quelques jours seulement après son lancement en raison de paramètres de confidentialité par défaut problématiques. (lv)
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