L’Ukraine préfère les avions de combat Gripen aux F-16, qui sont souvent hors service


Principaux renseignements

  • La pénurie de pièces rend la plupart des F-16 ukrainiens inopérants.
  • L’Ukraine privilégie les Gripen suédois en raison de leur portée de missiles supérieure.
  • Les entreprises américaines du secteur de la défense perdent des parts de marché en Europe en raison d’une baisse de confiance.

Les efforts de l’Ukraine pour intégrer des chasseurs F-16 de fabrication américaine sont sérieusement entravés par une pénurie critique de pièces de rechange. Alors qu’entre 34 et 39 avions d’occasion ont été livrés, des experts du secteur présents au salon de la défense MSPO en Pologne ont révélé que, en général, moins de dix appareils sont opérationnels à tout moment.

Sept F-16 belges

Cette pénurie de pièces est illustrée par un récent don belge de sept avions, dont seuls trois sont aptes au combat. Ces trois appareils seront principalement affectés à la défense aérienne pour contrer les drones et les missiles de croisière, tandis que les quatre autres seront démontés pour leurs pièces et utilisés à des fins de formation technique.

Préférence pour le Gripen

En conséquence, l’Ukraine se tourne désormais vers l’aviation européenne. Ses futures acquisitions portent actuellement exclusivement sur des modèles européens, notamment le Saab JAS-39 Gripen suédois. Dans le cadre d’une lettre d’intention qui pourrait à terme porter sur plus de 100 appareils, 20 modèles JAS-39E/F de nouvelle génération sont prévus, ainsi que 16 JAS-39C/D d’occasion.

L’un des principaux atouts du Gripen réside dans sa compatibilité avec le missile MBDA Meteor. Cette arme propulsée par un statoréacteur offre une « zone sans échappatoire » et une portée nettement supérieure à celle des missiles à moyenne portée standard, des capacités dont ne disposent pas actuellement le F-16 et le Mirage 2000-5. Cette technologie est considérée comme une nécessité stratégique pour que l’armée de l’air ukrainienne puisse engager les avions russes Su-30, Su-34 et Su-35 avant qu’ils ne puissent lancer des frappes sur des centres urbains.

Érosion de l’influence américaine en Europe

Cette tendance met en évidence un déclin plus général de l’influence des industriels de la défense américains en Europe. Des dirigeants de BAE Systems, Leonardo et Saab suggèrent que certaines décisions politiques américaines passées — notamment celle d’exiger des pays européens qu’ils paient le matériel avant qu’il n’arrive en Ukraine — ont nui à la réputation des États-Unis en tant que partenaire fiable.

Conséquences économiques

Cette érosion de la confiance affecte le succès commercial de plateformes telles que le F-35. Les analystes notent que la perception d’un affaiblissement du lien stratégique transatlantique a rendu les systèmes américains moins attractifs.

Alors que les acheteurs européens se tournent vers d’autres fournisseurs, les entreprises américaines sont confrontées à une spirale économique dangereuse : la baisse des ventes entraîne une réduction de la production, ce qui augmente le coût unitaire et éloigne encore davantage les clients potentiels. Ce phénomène est déjà manifeste en Suisse, qui a récemment revu à la baisse sa commande prévue de F-35. (fc)

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