Les États-Unis souhaitent éviter les erreurs commises avec le B-2 et accordent donc une grande importance à la rentabilité du bombardier B-21


Principaux renseignements

  • L’armée de l’air américaine considère la rentabilité comme un indicateur de performance essentiel pour le B-21.
  • Northrop Grumman applique des plafonds de prix stricts afin d’éviter les échecs d’acquisition rencontrés par le passé.
  • Les essais simultanés des prototypes accélèrent le déploiement d’au moins 100 appareils.

Le B-21 Raider marque un tournant dans la manière dont l’armée de l’air américaine gère l’acquisition de matériel militaire haut de gamme. Contrairement au B-2 Spirit, dont le prix unitaire a grimpé en flèche pour atteindre environ 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) en raison d’une série limitée à seulement 21 appareils, le B-21 est développé en mettant strictement l’accent sur l’accessibilité financière.

Indicateur de performance principal

Pour éviter les écueils financiers du passé, le Pentagone a fait passer le coût du statut de critère secondaire à celui d’indicateur de performance principal, en tenant Northrop Grumman responsable du prix de l’appareil au même titre que la furtivité ou l’autonomie.

Contraintes budgétaires

Sur le plan financier, les objectifs fixés pour le Raider sont ambitieux. Le coût d’acquisition cible avait initialement été fixé à 550 millions de dollars (475 millions d’euros) en valeur de 2010, ce qui correspond à environ 750 millions de dollars (645 millions d’euros) en valeur actuelle. Cet objectif représente environ un tiers du coût d’un B-2.

Alors que l’investissement total en recherche, développement et acquisition est estimé à 86 milliards de dollars jusqu’en 2031 — la demande budgétaire pour 2026 à elle seule avoisinant les 10 milliards de dollars —, le programme montre des signes d’une retenue budgétaire inhabituelle. Certains éléments indiquent que Northrop Grumman a accepté des pertes financières pour respecter ces plafonds de prix, une démarche facilitée par la nature stable du complexe militaro-industriel.

Accélération des essais

L’armée de l’air prévoit de constituer une flotte d’au moins 100 B-21 pour remplacer la flotte vieillissante de B-2. Afin d’accélérer ce calendrier et de réduire les dépenses à long terme, l’armée a accéléré la phase d’essais.

Le premier prototype a effectué son premier vol en novembre 2023, suivi d’un deuxième appareil en septembre 2025. En utilisant simultanément deux prototypes pour les essais en vol à Palmdale et à la base aérienne d’Edwards, l’armée de l’air rationalise le processus de développement.

Critiques

Malgré ces gains d’efficacité, la nécessité stratégique du B-21 reste un sujet de débat. À une époque dominée par les missiles hypersoniques, les essaims de drones et les systèmes avancés de déni d’accès, certains se demandent si un bombardier piloté et coûteux reste le choix optimal pour assurer la supériorité aérienne américaine.

Néanmoins, le programme B-21 marque une rupture significative par rapport aux échecs passés en matière d’acquisition, démontrant que le ministère de la Défense est capable de concilier avec succès la discipline budgétaire et les capacités technologiques. (fc)

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