Les États-Unis vont bientôt déployer l’avion ravitailleur sans pilote MQ-25A Stingray sur des porte-avions pour mener des frappes à longue portée


Principaux renseignements

  • Le MQ-25A Stingray étend le rayon d’action des avions de chasse en leur permettant de se ravitailler en vol de manière autonome à partir de porte-avions américains.
  • La conception à ailes rétractables de Boeing optimise l’espace limité du pont des porte-avions.
  • Les États-Unis souhaitent mettre le MQ-25A en service à partir de 2029.

Afin d’étendre l’autonomie opérationnelle des avions de chasse tels que le F-35, la Marine américaine met en service le MQ-25A Stingray, un ravitailleur aérien sans pilote conçu pour décoller depuis des porte-avions à propulsion nucléaire. Développé en collaboration avec Boeing, ce « ravitailleur volant » incarne la stratégie de la Marine visant à intégrer des systèmes autonomes au sein de sa flotte maritime.

Remédier aux inefficacités du ravitaillement

Les méthodes actuelles de ravitaillement présentent des risques et des inefficacités importants. Les gros ravitailleurs pilotés utilisés par l’armée de l’air sont lents et facilement détectables, ce qui en fait des cibles de choix pour les missiles et les drones. De plus, la Marine recourt souvent au « ravitaillement entre appareils », où des F/A-18E/F Super Hornet transportent du carburant supplémentaire pour d’autres appareils.

Cette pratique n’est pas optimale, car elle détourne des chasseurs prêts au combat de leurs rôles offensifs principaux. En déployant le MQ-25A, plus petit et plus abordable, la Marine peut réduire sa dépendance tant à l’égard de la flotte de KC-135, qui arrive à saturation, que de ses propres avions de combat.

Porte-avions

La conception physique du Stingray est adaptée à l’espace restreint du pont d’un porte-avions. Bien qu’il possède une envergure de 23 mètres en vol, Boeing a conçu des ailes rétractables qui se réduisent à 9,5 mètres pour le rangement. L’appareil est propulsé par un seul moteur Rolls-Royce de la série AE 3007N.

Pour gérer les complexités des opérations de vol à bord d’un porte-avions — notamment le roulage, le décollage et la récupération —, la Marine a développé le système de contrôle des missions aériennes sans pilote à bord des porte-avions (UMCS). Ce cadre de commandement et de contrôle permet à des opérateurs humains de guider les drones et devrait, à terme, gérer diverses plateformes sans pilote au-delà du simple Stingray.

Des vols d’essai réussis

Le programme a déjà franchi des étapes importantes, notamment un premier vol réussi depuis l’Illinois qui a permis de tester les systèmes automatisés et les performances du moteur. En conséquence, le projet est passé à la phase de production initiale à faible cadence.

Cependant, le développement n’a pas été sans contretemps. L’objectif initial de déploiement opérationnel était fixé à 2024, mais ce calendrier a été repoussé à 2029.

76 unités

La Marine prévoit d’acquérir 76 unités, dont 67 destinées au service actif et 9 aux essais, et demande 1,75 milliard de dollars dans son budget 2027. Si le ravitaillement en carburant constitue l’objectif principal, le Stingray est conçu pour offrir une grande polyvalence. Son architecture adaptable lui permet d’être utilisé pour la collecte de renseignements et la surveillance.

Ces drones sont destinés à être utilisés à la fois sur les porte-avions de classe Nimitz et de classe Gerald R. Ford, marquant ainsi un tournant stratégique où la Marine privilégie l’autonomie logistique comme point d’entrée dans l’ère de l’aviation sans pilote. (fc)

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