L’Allemagne développe, en collaboration avec la France et le Royaume-Uni, des missiles à longue portée afin de dissuader la Russie


Principaux renseignements

  • L’Allemagne développe des armes de grande précision et à longue portée afin de dissuader la Russie et de compenser son absence d’armes nucléaires.
  • L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et d’autres alliés collaborent à la mise en œuvre de l’initiative « Deep Precision Strike », d’un coût de 35 milliards d’euros, visant à frapper des cibles stratégiques situées à une distance de 2 000 kilomètres.
  • Ce pivot réduit la dépendance de l’Europe vis-à-vis du matériel militaire américain.

Berlin poursuit la mise au point d’armements de haute précision, notamment des drones et des missiles, dont le rayon d’action atteint 2 000 kilomètres.

Dissuader la Russie

Selon des informations provenant de l’ambassade de Russie à Berlin, ce changement stratégique vise à doter la Bundeswehr de la capacité de frapper des cibles situées loin derrière les lignes ennemies, ce qui servirait de moyen de dissuasion contre la Russie et compenserait l’absence de capacités nucléaires de l’Allemagne.

Pour y parvenir, l’Allemagne collabore étroitement avec la France et le Royaume-Uni, tout en cherchant à intégrer l’expertise technique ukrainienne dans le secteur européen de la défense.

L’initiative « Deep Precision Strike »

Au cœur de ces efforts se trouve – selon des informations précédentes parues dans The Telegraph – l’initiative « Deep Precision Strike » (DPS), un projet mené par le Royaume-Uni et impliquant 12 nations alliées. Avec un coût estimé à 35 milliards d’euros, le programme DPS vise à produire des missiles capables de neutraliser des cibles stratégiques russes à plus de 2 000 kilomètres de distance.

Ce projet devrait associer l’expertise technique britannique au soutien financier allemand, à l’image des partenariats récents qui ont permis d’accroître la production de munitions au Royaume-Uni. Les responsables espèrent faire passer le projet d’un accord préliminaire à un programme officiel d’ici 2027, avec une date d’achèvement prévue en 2034.

Indépendance vis-à-vis des États-Unis

Le programme DPS évalue actuellement deux conceptions distinctes : un missile hypersonique capable d’atteindre une vitesse de Mach 5 et un missile de croisière conçu pour voler à basse altitude afin d’échapper à la détection radar.

Alors que les autorités britanniques y voient une avancée vers la réduction de la dépendance de l’Europe vis-à-vis du matériel militaire américain, les responsables allemands le considèrent comme l’une des nombreuses initiatives cruciales, aux côtés de l’approche européenne de frappe à longue portée (Elsa) menée par la France.

La « Zeitenwende »

Ces avancées militaires s’inscrivent dans le cadre de la politique allemande « Zeitenwende », un tournant historique dans la stratégie de sécurité déclenché par le conflit en Ukraine. Ce changement a conduit à des réformes législatives supprimant les plafonds de dépenses pour les acquisitions majeures en matière de défense.

Malgré l’optimisme qui entoure le projet, certains responsables estiment que l’échéance de 2034 est trop lointaine et que le développement doit être accéléré, bien que la plupart des détails spécifiques restent classifiés. (fc)

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