Le chef de l’armée de terre américaine, Dan Driscoll, démissionne après des désaccords avec Hegseth


Principaux renseignements

  • Dan Driscoll, de l’armée de terre américaine, a démissionné à la suite de graves divergences d’opinion avec le ministre de la Défense Pete Hegseth.
  • Les conflits internes concernant le personnel et la diversité laissent l’Armée sans dirigeant confirmé par le Sénat.
  • Driscoll a modernisé la stratégie de défense en donnant la priorité à l’IA, aux drones et aux armes produites en série.

À la suite d’une série de désaccords avec Pete Hegseth, le secrétaire à l’Armée, Dan Driscoll, a démissionné. Ce départ, rapporté par le Wall Street Journal et communiqué au président Donald Trump, intervient dans un contexte d’instabilité persistante au sein du haut commandement militaire, sur fond de tensions avec l’Iran.

La porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a salué Driscoll pour sa contribution à la préparation militaire, son rôle dans les efforts diplomatiques entre l’Ukraine et la Russie, ainsi que son leadership général lors d’opérations critiques.

Conflit interne

Les relations entre Driscoll et Hegseth auraient été marquées par de nombreux conflits, notamment en ce qui concerne la gestion du personnel. Hegseth s’immisçait fréquemment dans les opérations de l’armée, exigeant le licenciement de consultants de haut rang. Driscoll se serait opposé à ces exigences, défendant notamment les promotions d’officiers noirs et de femmes.

Ces tensions ont abouti au départ prématuré du général Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre et proche collaborateur de Driscoll. Suite à ces départs, l’armée de terre se retrouve actuellement dépourvue de tout dirigeant confirmé par le Sénat.

Drones et IA

Ancien capital-risqueur et camarade de promotion du vice-président JD Vance à la faculté de droit de Yale, Driscoll est devenu la plus jeune personne à occuper ce poste lors de sa nomination en 2025. Il a tenté d’appliquer l’efficacité du monde de l’entreprise à l’armée, supervisant d’importants ajustements budgétaires et des réformes structurelles.

Il a réorienté la stratégie du Pentagone, délaissant les armements coûteux et complexes au profit de systèmes plus abordables et produits en série, tels que les intercepteurs de défense aérienne à réponse rapide. Surnommé « l’homme des drones » au sein de l’administration, il s’est fortement concentré sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’amélioration de la communication entre les systèmes d’armes.

Autres fonctions

Au-delà de ses fonctions principales, Driscoll assumait plusieurs responsabilités atypiques. Il a occupé le poste de directeur par intérim du Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), marquant ainsi une rare convergence entre les rôles liés à l’application de la loi au niveau national et ceux liés à la défense.

Il a également été l’un des principaux négociateurs d’un éventuel accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, rencontrant fréquemment le président Volodymyr Zelensky. De plus, il a joué un rôle central dans la décision de déployer des troupes de la Garde nationale dans les villes américaines.

De nombreux départs sous la direction de Hegseth

La démission de Driscoll s’inscrit dans le cadre d’une vaste purge des hauts responsables militaires initiée par Hegseth, qui a démis de leurs fonctions plus d’une douzaine de hauts responsables, dont le vice-chef d’état-major de l’armée de l’air et le chef des opérations navales.

Parmi les autres départs récents figurent le secrétaire à la Marine John Phelan, le général David Hodne et le général de division William Green. Avant d’occuper ce poste de direction civile, Driscoll a servi comme officier de l’armée de terre, notamment lors d’un déploiement en Irak en 2009 où il a commandé un peloton de cavalerie. (fc)

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