L’inflation augmente en Allemagne, ce qui renforce les pressions en faveur d’une hausse des taux d’intérêt par la BCE


Principaux renseignements

  • La hausse des coûts énergétiques en Allemagne renforce les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt de la BCE.
  • Les analystes de marché s’attendent à une hausse des coûts d’emprunt à partir du 10 septembre.
  • La vigueur économique liée à l’IA et aux dépenses militaires permet une politique monétaire plus restrictive.

La récente hausse des prix à la consommation en Allemagne renforce les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne au cours du mois prochain. En août, l’inflation annuelle a atteint 2,9 pour cent, soit une légère hausse par rapport aux 2,8 pour cent enregistrés en juillet et son plus haut niveau depuis avril, même si elle est restée inférieure aux 3,1 pour cent prévus par les analystes de Bloomberg.

Hausse des taux d’intérêt

Cette hausse a été principalement alimentée par les coûts de l’énergie, exacerbés par l’instabilité persistante au Moyen-Orient, alors même que les coûts des denrées alimentaires et des services ont baissé. Cette tendance reflète les données observées en Espagne et en France, suggérant une flambée inflationniste régionale plus généralisée, tirée par les prix du pétrole et du gaz.

En conséquence, la BCE, qui a déjà procédé à une hausse des taux, devrait relever à nouveau les coûts d’emprunt le 10 septembre, les acteurs du marché anticipant un resserrement supplémentaire tout au long de l’année prochaine.

Vers une politique restrictive

Primoz Dolenc, membre du Conseil des gouverneurs, a souligné que les raisons justifiant un ajustement en septembre étaient évidentes. Actuellement, le taux de dépôt de la BCE, fixé à 2,25 pour cent, est considéré comme neutre, c’est-à-dire qu’il n’entrave ni n’encourage la demande économique. De plus, l’union des 21 pays a fait preuve d’une vigueur inattendue, soutenue par des investissements importants dans l’intelligence artificielle et les dépenses militaires.

Ces facteurs ont conduit les responsables, lors de la réunion de juin, à envisager un virage vers une politique « modérément restrictive », ce qui impliquerait probablement une hausse supérieure à 25 points de base.

Suivi des effets de second tour

Les responsables de la banque centrale surveillent également le risque d’« effets de second tour » découlant de l’accélération de l’inflation. Martin Kocher, membre du Conseil des gouverneurs, a indiqué que, bien qu’il n’y ait pas encore de preuves définitives, la situation se précisera cet automne, ce qui déterminera en fin de compte les futures décisions en matière de taux.

Zone euro

Sur le marché allemand en particulier, la flambée observée en août a été déclenchée par l’expiration, en juin, des subventions sur les carburants, ce qui a entraîné une hausse des prix de l’essence et du fioul domestique, parallèlement aux dépenses saisonnières liées à la rentrée scolaire. Parallèlement, les estimations d’un sondage Bloomberg suggèrent que l’inflation dans l’ensemble de la zone euro pourrait avoir atteint 3,3 pour cent ce mois-ci. (fc)

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