Les prix du gaz atteignent leur plus haut niveau depuis trois ans : l’hiver européen s’annonce incertain


Principaux renseignements

  • Les prix du gaz en Europe s’envolent vers leurs plus hauts niveaux depuis trois ans.
  • Le faible niveau des stocks accroît la dépendance vis-à-vis des importations de GNL, sujettes à la volatilité.
  • Un hiver rigoureux pourrait faire grimper les factures d’énergie des ménages de 15 pour cent.

Les prix de gros du gaz en Europe grimpent vers leurs plus hauts niveaux depuis trois ans, laissant présager que cet hiver pourrait être le plus difficile depuis 2022.

Le prix de référence néerlandais TTF a fortement augmenté depuis le début de l’année, s’échangeant récemment à plus de 66 euros par MWh. Cette tendance à la hausse est en grande partie due à l’inquiétude des investisseurs concernant la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, un corridor essentiel pour près de 20 pour cent des expéditions mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL).

Réserves de stockage à un niveau critique

La volatilité des prix est aggravée par des réserves énergétiques extrêmement faibles. Les niveaux de stockage de l’Union européenne s’élevaient à environ 63 pour cent fin août, bien en deçà de la moyenne historique sur cinq ans de 79 pour cent.

Ce déficit est particulièrement marqué aux Pays-Bas et en Allemagne, où les stocks s’élèvent respectivement à 44,3 pour cent et 51 pour cent. Les experts soulignent que ces faibles réserves reflètent la situation observée juste avant la précédente crise énergétique majeure de 2021.

Dépendance croissante

Bien que l’UE ait réduit sa consommation globale de gaz de 15 pour cent à 20 pour cent par rapport à 2021, la baisse des niveaux de stockage accroît la dépendance vis-à-vis des importations de GNL. Cela engendre une concurrence risquée avec les acheteurs asiatiques, ce qui pourrait faire grimper encore davantage les coûts de gros.

Les analystes de Goldman Sachs estiment que si les exportations du Moyen-Orient ne reviennent pas rapidement à la normale, les prix pourraient dépasser les 100 euros/MWh d’ici fin 2026. Une telle pénurie extrême pourrait même contraindre l’UE à reconsidérer son interdiction progressive des importations de gaz russe.

Impact sur les consommateurs particuliers

L’impact sur les consommateurs individuels dépend des structures des marchés locaux. Si les pics de prix de gros n’affectent pas immédiatement les factures des particuliers en raison des opérations de couverture et des contrats existants, les hausses de prix prolongées finissent par se répercuter.

Les ménages bénéficiant de formules à tarif variable seront probablement les premiers à en ressentir les effets. La rapidité de cette transition varie d’un pays à l’autre. Par exemple, les Pays-Bas connaissent des ajustements de prix quasi instantanés, tandis que l’Allemagne et l’Autriche pourraient mettre jusqu’à un an en raison de la prévalence des contrats à long terme à tarif fixe.

Vulnérabilités régionales

L’Italie est considérée comme particulièrement vulnérable en raison de sa forte dépendance au gaz et d’une répercussion relativement rapide des hausses de prix, malgré des niveaux de stockage actuellement élevés.

Prévisions hivernales

En fin de compte, l’ampleur de la charge financière pesant sur les citoyens européens dépendra des conditions météorologiques, car un hiver rigoureux ferait grimper la demande de chauffage et gonflerait encore davantage les coûts énergétiques. Certaines estimations suggèrent que les dépenses énergétiques globales des ménages dans la zone euro pourraient augmenter jusqu’à 15 pour cent en glissement annuel au cours du dernier trimestre.

(at)

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