Principaux renseignements
- L’Ukraine développe des missiles balistiques nationaux pour viser Moscou.
- La production locale permet de contourner les contraintes liées à l’importation d’armes étrangères.
- De nouveaux systèmes de défense visent à réduire la dépendance européenne vis-à-vis de la technologie américaine.
L’Ukraine développe rapidement ses capacités militaires, s’orientant vers un avenir où elle pourra frapper la capitale russe avec des armes de fabrication nationale.
Accélération des chaînes de production
Denys Shtilerman, concepteur en chef et copropriétaire de la société de défense Fire Point, a récemment indiqué qu’un nouveau missile balistique entrait dans la phase finale des essais de son moteur. Si ces essais sont concluants, l’arme pourrait être déployée dès cet automne.
Afin d’accélérer le processus, Fire Point met en place des installations de production avant même que le missile n’ait reçu la certification militaire officielle. L’entreprise prévoit de fabriquer un premier lot de 20 unités à des fins d’essais, avec l’intention d’augmenter la production une fois que les procédures officielles d’acquisition et de codification auront été finalisées.
Autonomie de 850 kilomètres
Les implications stratégiques de ce développement sont considérables. Alors que le missile FP-7 de l’entreprise a une portée d’environ 250 à 300 kilomètres, le modèle FP-9, plus grand, devrait avoir une portée de 850 kilomètres. Une telle distance permettrait aux forces ukrainiennes basées dans le nord de viser directement Moscou.
Cette annonce fait suite au succès d’autres produits de Fire Point, tels que le drone FP-1 et le missile de croisière FP-5 « Flamingo », qui ont déjà frappé des sites industriels et militaires russes.
Production nationale
Cette réorientation vers la production nationale est une réponse directe aux contraintes auxquelles l’Ukraine a été confrontée au début du conflit. Pendant des années, le président Volodymyr Zelensky a sollicité des armes à longue portée auprès des États-Unis afin de frapper les centres de ravitaillement et de commandement russes.
Cependant, l’administration Biden a dans un premier temps bloqué ces demandes, craignant que de telles capacités ne provoquent un affrontement direct entre l’OTAN et la Russie. Cette réticence a conduit Kiev à donner la priorité au développement de son propre arsenal afin d’éviter de dépendre de l’accord des puissances étrangères.
Autres projets en Ukraine
Fire Point n’est pas la seule entité à poursuivre ces objectifs. L’Ukraine a également poursuivi le développement du missile Sapsan (Hrim-2), qui est entré en production de masse en 2025 et a déjà été utilisé au combat. De plus, le président Zelensky a récemment laissé entendre qu’un autre projet balistique national secret était en voie d’achèvement.
Au-delà des capacités offensives, Fire Point contribue à une stratégie de défense européenne plus large. L’entreprise participe au développement de « Freyja », un système de défense antimissile conçu comme une alternative plus abordable au système américain Patriot. Un prototype de ce bouclier défensif est attendu d’ici le premier semestre 2027. Collectivement, ces avancées marquent la transition de l’Ukraine vers l’autosuffisance militaire et son influence croissante sur l’avenir de la sécurité européenne. (fc)
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