Les États-Unis remettent en service le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower après des travaux de réparation, en attendant l’arrivée de nouveaux navires


Principaux renseignements

  • Le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower a repris du service après d’importantes réparations structurelles et techniques.
  • Les retards de livraison des navires de la classe Ford risquent d’entraîner une lacune qui ferait passer la flotte de porte-avions en dessous des exigences fédérales.
  • La prolongation de la durée de vie de l’Eisenhower garantit la capacité opérationnelle jusqu’à l’arrivée de son remplaçant.

L’USS Dwight D. Eisenhower a retrouvé sa pleine capacité opérationnelle après avoir fait l’objet de réparations approfondies au chantier naval de Norfolk, avant la date butoir fixée à avril 2026. Ces modernisations comprenaient des travaux essentiels portant sur l’intégrité structurelle, les arbres sous-marins et les systèmes de turbines. Malgré ce regain de capacité, les projections actuelles de la Marine suggèrent que le navire sera désarmé au cours de l’exercice 2030, à l’âge de 53 ans.

Manque de porte-avions disponibles

Ce calendrier de retrait crée une vulnérabilité stratégique. Le futur USS Enterprise, destiné à le remplacer, n’est pas attendu avant l’exercice 2031. Un tel écart réduirait la flotte de porte-avions à 10 navires, ce qui enfreindrait les mandats fédéraux exigeant un minimum de 11 porte-avions opérationnels.

Bien que la Marine ait évoqué l’étude de prolongations de durée de vie dans sa planification, la réalité des retards de la classe Ford rend le retrait en temps voulu de l’Eisenhower hasardeux.

Transition vers la classe Ford

La transition vers la classe Ford a été marquée par de nombreux contretemps. Les dates de livraison de navires tels que l’USS John F. Kennedy, l’USS Enterprise et l’USS Doris Miller ont été repoussées à plusieurs reprises en raison de goulots d’étranglement dans la construction et de retards dans la livraison des équipements. De plus, le Bureau du budget du Congrès (CBO) note que la durée de construction des porte-avions a considérablement augmenté, les navires de la classe Ford nécessitant nettement plus de temps à construire que leurs prédécesseurs de la classe Nimitz.

Même après la livraison d’un navire, celui-ci n’est pas immédiatement prêt au combat. L’USS Gerald R. Ford, par exemple, a mis plus de cinq ans après sa mise en service avant d’effectuer son premier déploiement.

Débat sur le licenciement

Compte tenu du récent déploiement réussi de neuf mois de l’Eisenhower contre les forces houthistes et de sa récente révision complète, maintenir le navire en service jusqu’à ce que l’Enterprise soit pleinement opérationnel serait une décision prudente. Une prolongation de la durée de vie apporterait un soulagement indispensable aux autres porte-avions de la côte Est, actuellement surchargés en raison des crises mondiales.

Cependant, prolonger la durée de vie d’un navire âgé de 50 ans est une entreprise complexe. Cela nécessiterait des certifications rigoureuses de la part de Naval Reactors concernant le combustible et la propulsion, ainsi que des évaluations techniques approfondies du pont d’envol et des systèmes électriques. De plus, la Marine doit faire face à de graves pénuries de main-d’œuvre et à une capacité limitée des chantiers navals, car l’entretien d’un porte-avions plus ancien détourne des ressources d’autres moyens navals essentiels.

La peur de la Chine

En fin de compte, la décision de retirer l’Eisenhower du service ne devrait pas reposer sur une date fixe, mais sur l’état de préparation réel de son remplaçant. Afin d’éviter une lacune dans la capacité de l’aviation navale — d’autant plus que la Chine développe rapidement sa propre flotte —, la Marine devrait financer dès maintenant une étude formelle et un éventuel programme de prolongation. Cela garantirait que, si l’Enterprise subissait de nouveaux retards, l’Eisenhower resterait un moyen opérationnel et prêt à prendre la mer, plutôt que de devenir une victime prématurée du calendrier. (fc)

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