Principaux renseignements
- La Réserve fédérale doit choisir entre relever les taux d’intérêt ou maintenir la stabilité.
- Les indicateurs de marché suggèrent une probabilité croissante de hausse des taux.
La Réserve fédérale est confrontée ce mercredi à une décision particulièrement délicate, alors que ses responsables s’interrogent sur l’opportunité de maintenir les taux d’intérêt actuels ou de procéder à une hausse.
La banque centrale est tiraillée entre des signaux contradictoires : les données récentes suggèrent un ralentissement de la hausse des prix, justifiant le maintien de la stabilité, tandis que l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a fait grimper les cours du pétrole, alimentant les craintes d’une inflation persistante.
Les prévisions de taux d’intérêt sont à la hausse
Les rendements des bons du Trésor ont augmenté à tous les horizons, le bon à deux ans se maintenant au-dessus de 4 pour cent depuis la mi-mai, ce qui suggère que les investisseurs anticipent une hausse des taux.
D’anciens responsables de la Fed, tels qu’Esther George, estiment que les chances sont pratiquement à 50-50, soulignant qu’une hausse de 25 points de base ne serait pas surprenante compte tenu du contexte actuel des rendements.
Divisions internes et changements de stratégie
En interne, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) est divisé. Son président, Kevin Warsh, éloigne l’institution de l’approche transparente et axée sur les indications prospectives de ces dernières années, privilégiant une stratégie plus opaque qui rappelle l’ère d’Alan Greenspan.
Ce changement favorise un débat plus conflictuel parmi les décideurs. Alors que certains gouverneurs sont favorables à une pause en juillet, d’autres, comme la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, soutiennent que les taux doivent augmenter dès maintenant, car l’inflation est restée trop élevée pendant trop longtemps pour atteindre l’objectif de 2 pour cent.
Les arguments en faveur du maintien de la stabilité
Ceux qui plaident en faveur d’un taux stable mettent en avant la baisse de l’indice des prix à la consommation « sous-jacent » en juin et la conviction générale que l’inflation a atteint son pic.
Certains économistes affirment que l’économie se trouve dans une situation idéale : suffisamment solide pour éviter un ralentissement, mais pas au point de surchauffer et de faire grimper les prix. Ils suggèrent que si les cours du pétrole flambent, les consommateurs réduiront simplement leurs dépenses dans d’autres domaines, ce qui freinera naturellement l’inflation globale.
L’argument des partisans d’une politique monétaire restrictive en faveur des hausses de taux
À l’inverse, les partisans d’une politique plus restrictive affirment qu’une série de chocs mondiaux – notamment la pandémie, la guerre en Ukraine et la hausse de la demande liée à l’intelligence artificielle – maintient l’inflation à un niveau obstinément élevé depuis plus de cinq ans. Ils craignent que les taux actuels ne soient pas suffisamment restrictifs pour contrer ces pressions.
Ces responsables estiment qu’une hausse proactive des taux est nécessaire pour ancrer les anticipations d’inflation et signaler que la Fed ne tolérera pas l’instabilité des prix, quelle que soit la volatilité des marchés de l’énergie. (zvm) (lv)
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