Principaux renseignements
- La Bourse russe a atteint son plus bas niveau depuis trois ans après avoir chuté de 40 pour cent depuis mai.
- Les frappes de drones ukrainiens sur les infrastructures énergétiques accélèrent le déclin industriel et l’inflation.
- Les investissements en capital ont chuté de 14,3 pour cent, enregistrant leur plus forte contraction en 16 ans.
Le marché boursier russe a atteint son plus bas niveau depuis trois ans après une tendance baissière ininterrompue de 17 semaines. L’indice de la Bourse de Moscou a reculé à 2 117,5 points. Ce chiffre reflète une perte de 3,4 pour cent en une seule semaine et une forte baisse de 16 pour cent depuis le début de l’été, soit un recul total de 40 pour cent par rapport au pic atteint en mai 2024. Entre-temps, les chiffres se sont quelque peu stabilisés, mais le retard est bien sûr loin d’être rattrapé.
Les experts estiment que ce marasme prolongé résulte de la révision à la baisse des prévisions économiques, alimentée par une inflation persistante, le conflit en cours en Ukraine et la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt par la banque centrale.
Entreprises en difficulté
Des pertes importantes ont été observées tant chez les entreprises privées que chez celles contrôlées par l’État. L’action de Gazprom a chuté de 21 pour cent depuis début juin, atteignant 91,45 roubles par action — un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2008 — après l’échec des négociations visant à conclure un nouvel accord avec la Chine.
Parmi les autres baisses notables, on peut citer la banque VTB, qui a chuté de 7,2 pour cent en raison des craintes d’instabilité au sein du secteur bancaire, et l’entreprise d’électronique M.Video, qui a atteint sa plus faible valorisation depuis 2009 après avoir enregistré une perte nette de 63 milliards de roubles (720 millions d’euros). Par ailleurs, les actions de Polyus, Rosneft et Sberbank ont respectivement enregistré des baisses de 4,8 pour cent, 2,7 pour cent et 1,4 pour cent.
Attaques contre les infrastructures
Cette instabilité a été aggravée par les frappes de drones ukrainiens visant des installations énergétiques. Une frappe contre la raffinerie d’Omsk et une autre contre une usine de Moscou — cette dernière ayant entraîné une chute de 8,3 pour cent du cours de l’action Gazprom Neft et des dégâts estimés à 1 milliard de dollars — ont contraint ces sites à des arrêts d’exploitation qui dureront jusqu’en 2027. Ces attaques ont non seulement perturbé la production industrielle et réduit la disponibilité en carburant, mais elles ont également accru l’inflation et mis à rude épreuve le budget national.
Dmitry Lozovoy, de Finam, a averti que, à mesure que ces frappes s’enfoncent plus profondément sur le territoire russe, le risque de pénuries énergétiques et industrielles s’accroît. Parallèlement, l’analyste de BCS, Yulia Goldina, a noté que les investisseurs attendent des progrès concrets vers la fin de la guerre avant que le marché ne se redresse, malgré le refus du Kremlin de modifier sa stratégie militaire.
Crise des investissements en capital
Parallèlement à l’effondrement du marché boursier, la Russie est confrontée à un recul massif des investissements en capital. Au premier trimestre 2026, les investissements ont chuté de 14,3 pour cent en glissement annuel, soit la baisse la plus brutale depuis 16 ans. Cette contraction est attribuée au coût élevé de la dette, aux politiques monétaires restrictives et à une chute de 26 pour cent des bénéfices des entreprises, ce qui a conduit de nombreuses sociétés à annuler leurs plans de croissance à long terme.
De plus, les dépenses publiques consacrées aux investissements ont diminué, passant de 5,4 billions à 5,2 billions de roubles (60 milliards d’euros), le fardeau financier de la guerre et les déficits budgétaires croissants limitant les fonds disponibles. (fc)
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