Des avions F-35B britanniques lancent les premières patrouilles arctiques de l’OTAN à partir d’un porte-avions


Principaux renseignements

  • Des chasseurs furtifs britanniques F-35B mènent la première mission de police aérienne de l’OTAN basée sur un porte-avions dans l’Arctique.
  • Ce déploiement contrarie l’influence militaire croissante de la Russie et de la Chine dans le Grand Nord.
  • Les opérations conjointes de la marine et de l’armée de l’air valident l’interopérabilité essentielle et les capacités de défense flexibles.

Opérant à partir du porte-avions HMS Prince of Wales, des chasseurs furtifs britanniques F-35B assurent actuellement la sécurité de l’espace aérien arctique et islandais dans le cadre de l’initiative « Arctic Sentry » de l’OTAN. Selon la Royal Air Force, c’est la première fois que des missions de police aérienne de l’OTAN sont menées par des avions déployés à partir d’un porte-avions plutôt que depuis des aérodromes terrestres traditionnels. Ces appareils Lightning II effectuent des patrouilles défensives et restent en état d’alerte pour répondre aux menaces dans le Grand Nord.

Lutter contre l’influence russe et chinoise

Cette opération constitue une réponse stratégique à la présence militaire croissante de la Russie dans la région, qui s’est traduite par la création de nouveaux ports, aérodromes et bases. Gérée par le Commandement des forces interarmées de Norfolk, l’opération « Arctic Sentry » vise à améliorer la connaissance de la situation et le dispositif de sécurité de l’Alliance. La mission est conçue pour contrebalancer les activités croissantes de la Chine et de la Russie dans une zone où sept des huit États arctiques sont membres de l’OTAN.

Un incident notable s’est produit le 2 juillet, lorsque des F-35 du 809e escadron aéronaval ont été rapidement dépêchés pour intercepter un avion russe Tupolev Tu-142 « Bear ». L’avion russe a volé dangereusement près du HMS Prince of Wales et du destroyer HMS Duncan en mer de Norvège, larguant plusieurs balises acoustiques de suivi dans l’océan. Cette rencontre a eu lieu pendant le déploiement « Firecrest » du groupe aéronaval britannique.

Interopérabilité

L’intégration réussie des avions F-35B — exploités et entretenus par une équipe conjointe de la Royal Navy et de la RAF — témoigne d’un nouveau niveau de flexibilité opérationnelle.

Le commandant Nick Smith, chef du 809e escadron aérien naval, a souligné que le renforcement des capacités de défense aérienne à partir d’un environnement embarqué consolide le soutien apporté aux alliés. Le processus de validation a confirmé que les chaînes de commandement, les liaisons de communication et les procédures tactiques sont pleinement interopérables avec les partenaires de l’OTAN.

Sécurisation des couloirs maritimes vitaux

L’importance stratégique de cette région est soulignée par la position de l’Islande, qui constitue un maillon essentiel entre le Royaume-Uni, l’Amérique du Nord et l’Arctique. En sécurisant ce corridor, la Royal Navy protège les routes commerciales et les liaisons maritimes essentielles. Cette capacité est renforcée par le HMS Prince of Wales et le HMS Duncan, qui sont tous deux capables de détecter des aéronefs à plus de 200 miles (320 kilomètres) de distance, permettant ainsi aux contrôleurs embarqués de diriger les chasseurs F-35B.

Par ailleurs, cette mission coïncide avec le 80e anniversaire du retour de l’aéroport de Reykjavík sous contrôle islandais, le 6 juillet. La RAF a fait remarquer que, si cette date marquait la fin d’une présence militaire britannique permanente en Islande, elle signalait également le début d’un partenariat international de défense durable et pérenne. (fc)

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