Les PME belges réduisent leurs embauches alors que les plans de licenciement se multiplient


Principaux renseignements

  • Les perspectives d’emploi dans les PME belges continuent de se détériorer à l’approche du troisième trimestre 2026.
  • Les licenciements sont en hausse, tandis que les entreprises refusent de plus en plus de remplacer le personnel qui part.
  • L’incertitude économique pousse les entreprises à privilégier les embauches sélectives et le recours à des travailleurs flexibles temporaires.

Les perspectives d’emploi des petites et moyennes entreprises (PME) belges se détériorent à l’approche du troisième trimestre 2026. Selon une enquête menée en juin par SD Worx auprès de 448 entreprises, un sentiment de morosité économique gagne du terrain. Seul un quart de ces entreprises a l’intention d’embaucher du personnel, tandis que celles qui prévoient des licenciements sont désormais 15 pour cent. De plus, on observe une forte baisse du nombre d’entreprises anticipant une augmentation de leur charge de travail.

Baisse de la dynamique de recrutement

La dynamique de recrutement a reculé pour la quatrième période consécutive, passant de 27 pour cent à 25 pour cent et restant nettement inférieure aux 40 pour cent enregistrés en juin de l’année précédente. Il s’agit du niveau d’enthousiasme le plus bas en matière d’embauche depuis décembre 2024.

Cette tendance à la baisse est observable dans toutes les régions, la Flandre enregistrant la baisse la plus marquée. Au sein de la Flandre, le Brabant flamand reste la région la plus active en matière de recrutement avec 27 pour cent — probablement en raison d’une forte concentration de professions en pénurie —, tandis que la Flandre orientale affiche le plus faible intérêt avec 22 pour cent. De manière générale, la réduction des projets d’embauche est la plus marquée parmi les entreprises comptant plus de 20 salariés.

Le secteur de l’hôtellerie-restauration affiche les intentions d’embauche les plus élevées

Les données sectorielles révèlent que le secteur de l’hôtellerie-restauration arrive en tête des intentions de recrutement avec 49 pour cent, suivi des services financiers (38 pour cent) et du secteur de la production industrielle (33 pour cent).

À l’inverse, c’est dans l’enseignement (13 pour cent) et la gestion immobilière (7 pour cent) que l’on observe le moins d’intérêt pour les nouvelles embauches.

Hausse des licenciements

En ce qui concerne les licenciements, l’intention de résilier des contrats a augmenté pour atteindre 15 pour cent, avec une hausse observée tant en Wallonie qu’en Flandre. Les entreprises de taille moyenne (20 à 100 salariés) sont les plus touchées, 22 pour cent d’entre elles prévoyant des réductions d’effectifs.

Il convient de noter que ces licenciements s’inscrivent de plus en plus dans la durée, puisque seules 23 pour cent des entreprises prévoient de remplacer le personnel partant, contre 32 pour cent au trimestre précédent. Les disparités régionales persistent : Bruxelles conserve la dynamique la plus forte avec 32 pour cent d’intention d’embauche et 10 pour cent d’intention de licenciement, tandis que la Flandre et la Wallonie affichent des chiffres plus prudents.

Stagnation de la charge de travail

Les perspectives concernant le volume d’activité se sont également assombries. Seules 22 pour cent des PME s’attendent à une augmentation de la charge de travail, tandis que 15 pour cent anticipent une baisse ; la majorité (64 pour cent) ne prévoit aucun changement.

Il existe une corrélation directe entre la charge de travail et les effectifs : près de la moitié des entreprises prévoyant d’embaucher s’attendent à davantage de travail, alors que seules 13 pour cent de celles qui n’embauchent pas prévoient une augmentation des tâches.

Une grande incertitude règne parmi les entreprises 

Annelies Rottiers, directrice régionale chez SD Worx, suggère que les entreprises lèvent le pied en raison d’une incertitude généralisée. Elle note que si le recrutement est devenu beaucoup plus sélectif, cela ne signifie pas pour autant que les pénuries de main-d’œuvre ont disparu.

Pour gérer la période des vacances d’été, de nombreuses entreprises se tournent vers une alternative flexible ; 40 pour cent des PME ont l’intention de faire appel à des travailleurs flexibles pour remplacer temporairement leurs salariés permanents en congé, d’autant plus que ces postes ont vu leur utilité s’étendre depuis le 1er juillet.

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(ns)

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