Principaux renseignements
- La Russie a déployé le croiseur Varyag en Chine pour les exercices maritimes « Joint Sea-2026 ».
- Les navires vieillissants de la classe Slava souffrent d’une technologie obsolète et de défaillances systémiques en matière de maintenance.
- De graves lacunes de production privent la flotte de surface russe de croiseurs modernes pour remplacer ses anciens navires.
La Marine russe a envoyé le Varyag, un croiseur de classe Slava et l’un de ses navires de surface les plus puissants, vers le port chinois de Qingdao. Arrivé le 5 juillet, le navire doit participer aux exercices « Joint Sea-2026 » aux côtés de la Marine de l’Armée populaire de libération chinoise. Ces exercices s’articulent en trois phases : rassemblement initial des forces, planification stratégique à partir du port et opérations navales actives. Cet entraînement collaboratif sera axé sur la reconnaissance conjointe, les manœuvres de défense antimissile et aérienne, ainsi que sur les attaques maritimes coordonnées.
Vieillissement des infrastructures
Avec un déplacement de 11 500 tonnes, le Varyag figure parmi les plus grands navires de combat de surface au monde. Cependant, son efficacité globale est compromise par son âge. Les vulnérabilités de la classe Slava ont été mises en évidence par la perte, en 2022, du Moskva, premier navire de la série, qui a coulé lors d’un conflit avec l’Ukraine. Les analystes estiment que la combinaison d’une conception obsolète, d’un entretien insuffisant et d’un manque de modernisation a rendu le Moskva vulnérable.
Mis en service en 1989, le Varyag est équipé de 16 missiles de croisière supersoniques P-1000 destinés à des frappes à longue distance contre de grands navires. Bien que puissants, ces missiles sont moins performants que les systèmes plus récents tels que le Zircon, le Kalibr ou le P-800.
La Russie est confrontée à une marine obsolète
La défense aérienne du navire repose sur 64 cellules de lancement S-300F, qui étaient à la pointe de la technologie lors de leur déploiement initial. Selon les normes actuelles, ce système est toutefois surpassé par le S-400 ou le HHQ-9 chinois que l’on trouve sur les destroyers modernes.
Le recours au Varyag met en évidence une crise systémique au sein de la flotte de surface russe. Aucun nouveau croiseur ni destroyer n’a été construit depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Même des projets plus modestes, tels que la classe « Amiral Gorshkov » de 5 000 tonnes, ont été marqués par d’importants revers de développement, illustrant les difficultés de l’industrie de défense russe actuelle.
L’avenir de la puissance navale russe
Un débat fait rage concernant la capacité de survie des navires de la classe Slava dans le contexte de la guerre moderne. Contrairement aux navires de guerre actuels qui utilisent la fusion de capteurs en réseau et l’intégration numérique des systèmes de combat, le Varyag repose sur des systèmes compartimentés qui sont mal adaptés aux conflits multidomaines.
Bien que ce croiseur dispose d’une puissance de feu brute considérable, il apparaît obsolète par rapport aux destroyers chinois de type 052D, plus avancés, avec lesquels il opère actuellement. En conséquence, l’avenir de la marine hauturière russe reste incertain, et des questions persistent quant à savoir si le Kremlin lancera un nouveau programme de destroyers ou cherchera à acquérir des navires auprès d’alliés étrangers tels que la Corée du Nord ou la Chine. (fc)
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