Principaux renseignements
- L’Europe menace de prendre des contre-mesures si la Chine ne remédie pas à ses pratiques commerciales déloyales d’ici octobre au plus tard.
- L’UE souhaite diversifier ses chaînes d’approvisionnement afin de réduire sa dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine.
- Un déficit commercial record de 360 milliards d’euros rend nécessaire un rééquilibrage structurel urgent.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a averti que l’Union européenne était prête à prendre des contre-mesures si la Chine ne remédiait pas à ses pratiques commerciales déloyales d’ici octobre au plus tard. Lors d’une visite à Cork, en Irlande, von der Leyen a déclaré que si le dialogue avec la Chine restait d’une importance cruciale, il devait également déboucher sur des résultats concrets. Elle a précisé que l’UE disposait d’un arsenal complet d’instruments et qu’elle était prête à examiner d’autres options en fonction de la réaction de la Chine cet automne.
Tensions commerciales continuent de s’intensifier
Les principales sources de tension comprennent l’afflux d’exportations chinoises à bas prix, les restrictions strictes imposées aux entreprises européennes et le recours généralisé aux subventions d’État – autant d’éléments que l’UE cherche à éliminer de ses marchés.
Von der Leyen n’est pas entrée dans les détails concernant les mesures spécifiques qui seraient prises si le délai n’était pas respecté. Ses remarques font toutefois suite à un sommet au cours duquel les dirigeants de l’UE ont approuvé une approche plus offensive. Ce mandat encourage la Commission à maintenir la voie diplomatique tout en examinant les mécanismes commerciaux actuels et futurs.
L’UE renforce sa position
Afin de renforcer sa position, la Commission européenne élabore de nouvelles mesures. L’instrument anti-coercition existant s’est jusqu’à présent révélé peu efficace en raison de la complexité des procédures et du manque de consensus entre les États membres.
C’est pourquoi Ursula von der Leyen élabore deux nouvelles stratégies. La première vise à réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine en diversifiant les chaînes d’approvisionnement. La seconde a pour objectif de renforcer l’unité européenne au cas où la Chine réagirait par des mesures de rétorsion.
Déficit commercial pèse sur les négociations
L’urgence est accentuée par le déficit commercial de 360 milliards d’euros enregistré l’année dernière avec la Chine. Selon la Commission européenne, cela montre à quel point la relation commerciale est devenue déséquilibrée. Le commissaire au commerce, Maroš Šefčovič, a récemment rencontré le responsable chinois Wang Wentao pour discuter du rétablissement de l’équilibre dans cette relation, affirmant que la situation actuelle est intenable. Šefčovič a fixé le mois d’octobre comme échéance pour des premiers progrès, tout en reconnaissant qu’une résolution complète prendrait plus de temps.
Points de vue divergents
D’autres responsables ont exprimé un point de vue plus prudent. Le Premier ministre irlandais Micheál Martin a déclaré qu’un système commercial équitable et fondé sur des règles était indispensable. Il a souligné la profonde interdépendance mondiale entre l’Europe et la Chine. De son côté, Bernd Lange, qui préside la commission du commerce du Parlement européen, a remis en question la faisabilité de l’échéance d’octobre, estimant qu’elle était bien trop optimiste pour aboutir à des accords juridiquement contraignants. (lv)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

