Principaux renseignements
- Groen propose une « contribution de pavage » destinée à financer la suppression des surfaces imperméables.
- Cette stratégie vise à lutter contre les risques d’inondation et de canicule en s’attaquant aux niveaux élevés de pavage en Flandre.
- Les partis au pouvoir en Flandre sont opposés à la mise en place d’une taxe et privilégient la planification et des règles contraignantes.
Le parti d’opposition Groen propose l’introduction d’une « contribution au pavage » en Flandre, selon le principe que ceux qui imperméabilisent le sol doivent en supporter la charge financière.
5 euros par mètre carré
À l’instar de la redevance Recupel appliquée aux appareils électroniques, cette taxe serait prélevée sur les nouveaux projets de pavage. Pour illustrer l’ampleur de la mesure, le parti suggère une redevance de 5 pour cent calculée sur la base d’un coût estimé à 100 euros par mètre carré, ce qui correspondrait à une redevance de 5 euros par mètre carré. Les fonds ainsi générés alimenteraient un « fonds de dépavage » spécialisé, destiné à aider les propriétaires fonciers et les collectivités locales à remplacer l’asphalte et le béton par des surfaces perméables.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une résolution plus large en 19 points visant à modifier en profondeur la manière dont la Flandre gère ses sols. Mieke Schauvliege, chef de groupe du parti, a souligné l’urgence de la situation en indiquant que 15,7 pour cent du territoire de la région est désormais imperméabilisé, avec plus de 21 000 hectares ajoutés entre 2013 et 2024. Elle fait valoir que la Flandre figure parmi les régions les plus imperméabilisées d’Europe, ce qui accroît sa vulnérabilité aux inondations, aux sécheresses et aux vagues de chaleur extrêmes, rendant ainsi les gestes symboliques insuffisants.
Œuvrer à la reconstruction
Au-delà de la taxe, la stratégie de Groen prévoit de rendre obligatoire l’obtention d’un permis pour tout changement d’affectation des sols dans les zones naturelles ou agricoles, et d’intégrer la « neutralité en matière de revêtement » dans l’aménagement du territoire.
Le parti plaide également en faveur d’un programme complet visant à racheter et à restaurer les zones humides et les vallées fluviales, à lutter contre les constructions hors zone et à fournir davantage de ressources aux communes pour supprimer les revêtements routiers inutiles.
Réaction du gouvernement
Cependant, cette proposition se heurte à une forte résistance de la part de la majorité au pouvoir. Le ministre de l’Environnement, Jo Brouns, a rejeté l’idée d’une nouvelle taxe, affirmant que le gouvernement privilégiait la planification stratégique. Il a mis en avant le Plan de politique d’aménagement du territoire de Flandre, qui vise à protéger 30 000 hectares contre l’urbanisation et à restaurer 4 000 hectares de terres imperméabilisées.
De même, le représentant de la N-VA, Andy Pieters, a critiqué cette initiative, arguant que l’instauration d’une nouvelle taxe flamande est contre-productive et pourrait éroder le soutien du public au « Blue Deal » et au « virage de la construction ». Il a souligné la nécessité de règles contraignantes plutôt que de nouvelles taxes, ajoutant que des données récentes indiquent une tendance positive, le rythme des nouveaux revêtements routiers ayant ralenti ces dernières années. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

