L’Ukraine souhaite intégrer davantage l’IA dans son armée, même si la supervision humaine reste indispensable


Principaux renseignements

  • L’Ukraine a créé le Centre de défense IA A1 afin d’intégrer l’intelligence artificielle à tous les niveaux de l’armée.
  • Les opérateurs humains conservent le pouvoir de décision final en matière de frappe malgré l’automatisation pilotée par l’IA dans la chaîne de destruction.
  • La vision par ordinateur alimentée par l’IA permet aux drones de surmonter le brouillage électronique lors d’attaques de précision.

Le ministère ukrainien de la Défense a créé le Centre de défense IA A1 avec l’objectif ambitieux de faire évoluer son armée vers une force intégrant l’IA. Selon son directeur, Danylo Tsvok, le centre développe des applications d’intelligence artificielle conçues pour soutenir tous les niveaux opérationnels, allant de la prise de décision stratégique de haut niveau et du traitement des données aux frappes tactiques directes.

Contrôle humain

La stratégie du centre s’articule autour de deux objectifs principaux. Premièrement, l’IA est utilisée pour traiter de vastes quantités de renseignements sur le champ de bataille plus rapidement que les forces adverses. Deuxièmement, elle est intégrée à la « chaîne de destruction » — la séquence consistant à identifier, engager et vérifier une cible.

Bien que l’IA automatise diverses étapes de ce processus pour gagner en rapidité, Tsvok souligne que l’Ukraine ne développe pas d’armement entièrement autonome ; un opérateur humain conserve toujours le pouvoir d’autoriser une frappe.

Applications au combat

Les applications pratiques de cette technologie sont déjà utilisées au combat. La vision par ordinateur alimentée par l’IA permet aux drones de conserver leur précision pendant les dernières secondes d’une attaque, en surmontant le brouillage électronique qui perturbe généralement les signaux.

Une technologie similaire est utilisée par les drones intercepteurs pour suivre et neutraliser les aéronefs Shahed. De plus, l’IA est en cours d’intégration dans des tourelles de tir télécommandées et des robots terrestres, ce qui permet aux soldats d’engager des cibles sans s’exposer au danger.

Perspectives d’avenir

Le processus de développement est hautement itératif : le centre travaille en étroite collaboration avec des unités de combat en action afin d’identifier les défis spécifiques et de transformer ces besoins en outils testés sur le terrain. L’objectif ultime est de minimiser les pertes tout en maximisant l’efficacité opérationnelle.

À l’avenir, le centre vise à créer des systèmes opérationnels complets qui agiront comme des « jumeaux numériques » du champ de bataille. Ces systèmes analyseraient simultanément l’ensemble de la ligne de front afin de proposer les options tactiques et les affectations de ressources les plus efficaces. Par ailleurs, l’armée explore l’utilisation d’essaims de drones coordonnés, ce qui témoigne d’une tendance plus large vers une autonomie accrue dans la guerre moderne. (fc)

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