Le dirigeant de l’OTAN, Mark Rutte, exercera une pression « ferme mais discrète » sur les pays pour qu’ils respectent les normes en matière de défense


Principaux renseignements

  • Mark Rutte compte recourir à une « diplomatie discrète » pour faire respecter les objectifs de l’OTAN en matière de dépenses militaires.
  • Les alliés visent à consacrer 5 pour cent de leur PIB à la défense et à la résilience d’ici 2035.

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, s’est engagé à mener une stratégie de diplomatie « ferme mais discrète » afin de garantir que les membres de l’Alliance respectent leurs obligations en matière de dépenses militaires.

S’exprimant lors d’un événement organisé par l’Atlantic Council à Washington, M. Rutte a souligné que, bien que l’augmentation des budgets de défense suscite souvent des débats politiques internes — citant le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas comme exemples —, le devoir fondamental de tout gouvernement est de garantir la sécurité nationale.

Sommet de l’OTAN à Ankara

L’un des principaux axes du prochain sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie, sera d’établir une « feuille de route crédible » permettant aux membres de consacrer 5 pour cent de leur produit intérieur brut à la défense d’ici 2035.

Cet objectif se compose d’un engagement de 3,5 pour cent pour la défense de base et de 1,5 pour cent dédié à des efforts plus larges en matière de résilience. Rutte a défendu l’objectif de 3,5 pour cent pour la défense de base, le qualifiant de nécessité mûrement réfléchie plutôt que de chiffre arbitraire, tout en soulignant que, si la plupart des pays européens et le Canada progressent bien, il exercera des pressions en privé sur les nations à la traîne.

La menace russe

L’urgence de ces objectifs est soulignée par la menace que représente la Russie. Rutte a affirmé que ce ne sont pas les promesses qui dissuadent Vladimir Poutine, mais la mise en œuvre effective de ces objectifs de dépenses. Cependant, des tensions internes sont manifestes au Royaume-Uni, où l’ancien secrétaire d’État à la Défense, John Healey, a démissionné en raison d’un déficit de financement.

Les détracteurs font valoir que la trajectoire actuelle du Royaume-Uni — estimée à 2,68 pour cent du PIB d’ici 2030 — rend peu probable l’atteinte de l’objectif de 3,5 pour cent fixé pour 2035. Malgré cela, le Premier ministre Keir Starmer a l’intention de publier un plan d’investissement dans la défense avant le sommet du 7 juillet, même si sa mise en œuvre reviendra à son successeur, Andy Burnham.

Relations tendues avec les États-Unis

Les tensions sont encore aggravées par la position des États-Unis. Le président Donald Trump a qualifié l’OTAN de « tigre de papier », affirmant que les États-Unis financent de manière disproportionnée la sécurité d’autres nations. Ce sentiment a été repris par le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a récemment lancé une révision du dispositif des forces américaines en Europe et remis en question l’engagement des alliés qui ne disposent pas de plans de financement clairs.

Dans un effort pour préserver l’unité, Rutte a reconnu que Trump avait contribué à une augmentation des dépenses des membres et a affirmé que les alliés européens avaient largement soutenu les États-Unis lors des conflits récents. Il a présenté les désaccords actuels comme une caractéristique naturelle des alliances démocratiques, les opposant à la rigidité des dictatures. Rutte a conclu qu’un lien transatlantique fort était essentiel, soulignant que la stabilité européenne constituait une plateforme cruciale de projection de puissance qui protège les États-Unis de l’agression russe. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus