Principaux renseignements
- À partir de juillet 2026, Anthropic exigera, pour les comptes grand public, une pièce d’identité officielle et un scan biométrique.
- Le prestataire tiers Persona gère les données sensibles malgré des antécédents de failles de sécurité.
- Les formules professionnelles offrent une alternative à les exigences d’identification.
À compter du 8 juillet 2026, Anthropic mettra en place un nouveau système de vérification d’identité pour les particuliers utilisant les versions Claude Free, Pro et Max. Cette politique permet à l’entreprise d’exiger des pièces d’identité officielles, des selfies en direct et des scans de la géométrie faciale pour maintenir l’accès aux comptes.
C’est la première fois qu’un laboratoire américain de premier plan spécialisé dans l’IA intègre officiellement la collecte de données biométriques dans ses conditions de confidentialité destinées aux particuliers. Les utilisateurs qui refusent de fournir ces informations s’exposent à une suspension potentielle de leur compte. L’entreprise n’a toutefois pas précisé la raison précise de ces contrôles ni la durée de conservation des données.
Polémique autour du partenaire de vérification Persona
Le processus de vérification est géré par Persona Identities, une société basée à San Francisco. Alors qu’Anthropic agit en tant que responsable du traitement des données, Persona intervient en tant que sous-traitant, stockant les images d’identité et les modèles biométriques sur ses propres serveurs.
Ce partenariat a suscité la controverse en raison d’une faille de sécurité survenue en février 2026, au cours de laquelle le code source de Persona a été exposé, révélant la capacité de l’entreprise à effectuer des contrôles approfondis, notamment la surveillance des listes de surveillance antiterroristes et le dépôt de rapports auprès d’unités de renseignement financier telles que le FinCEN. Bien qu’Anthropic affirme avoir interdit à Persona d’utiliser ces données à des fins de marketing ou d’entraînement de l’IA, elle n’a pas défini publiquement les limites spécifiques de conservation des données.
Méthodes et technologies de vérification
Pour les vérifications plus simples portant uniquement sur l’âge, Anthropic fait appel à un autre fournisseur, Yoti, qui fournit uniquement un résultat « réussi/échoué » sans partager de données biométriques.
En revanche, pour les vérifications d’identité complètes via Persona, seuls les documents physiques originaux – tels que les passeports ou les permis de conduire – sont acceptés ; les copies numériques ou les captures d’écran sont rejetées. Le processus consiste à extraire les données de la pièce d’identité et à utiliser la « détection de vivacité » pour s’assurer que le selfie est authentique, puis à créer un modèle de géométrie faciale afin de faire correspondre l’utilisateur à son document.
Pressions gouvernementales
L’urgence de cette infrastructure a été mise en évidence par un conflit survenu en juin 2026 avec le gouvernement américain. Le ministère du Commerce a ordonné à Anthropic d’empêcher les ressortissants étrangers d’accéder à ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, suite à des inquiétudes concernant les mesures de cybersécurité.
Comme Anthropic ne disposait pas d’un moyen évolutif de vérifier la nationalité en temps réel, l’entreprise a été contrainte de désactiver ces modèles à l’échelle mondiale pour se conformer à la réglementation. Le nouveau cadre biométrique offre une voie potentielle permettant aux citoyens américains vérifiés de retrouver l’accès aux modèles haut de gamme soumis à des restrictions.
Préoccupations juridiques
Cette mesure soulève d’importantes préoccupations juridiques, notamment en ce qui concerne la loi de l’Illinois sur la confidentialité des informations biométriques (BIPA), qui permet aux particuliers d’intenter une action en justice en cas de collecte de données géométriques faciales sans consentement explicite ni informations sur la conservation des données.
De plus, le transfert de données biométriques d’utilisateurs européens et indiens vers des serveurs américains pourrait entrer en conflit avec les protections du RGPD relatives aux « catégories particulières » et avec la loi indienne sur la protection des données personnelles numériques.
(at)
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