Les États-Unis investissent massivement dans des avions coûteux, mais la guerre en Iran montre que leur stratégie militaire est mauvaise


Principaux renseignements

  • Les États-Unis vont investir massivement dans des avions de combat et des bombardiers coûteux au cours des prochaines années, mais la guerre en Iran montre que ce n’est peut-être pas la meilleure stratégie.
  • La guerre moderne exige une intégration en réseau et une production de masse plutôt que des plateformes d’élite.
  • La priorité doit désormais être donnée aux drones abordables et aux munitions évolutives pour contrer les essaims ennemis.

Les États-Unis consacrent des milliards à un petit nombre d’appareils extrêmement coûteux, tels que le B-21 Raider, dont le prix s’élève à plus de 700 millions de dollars (610 millions d’euros) l’unité, et le F-47, qui coûte environ 300 millions de dollars (260 millions d’euros) chacun. Cependant, les conflits récents en Ukraine et en Iran suggèrent que la victoire ne dépend plus de la sophistication d’une seule plateforme. Au contraire, la guerre moderne se gagne grâce à la force d’un réseau. Il s’agit notamment de l’intégration des drones, de munitions et d’une capacité industrielle robuste capable d’assurer un réapprovisionnement rapide.

Autres priorités

Pendant plus d’un siècle, la suprématie militaire a été définie par des plateformes prestigieuses telles que les porte-avions, les chars et les chasseurs de pointe. Ce paradigme a changé. Si les avions pilotés et les bombardiers ne sont pas obsolètes, ils ne constituent plus le pilier central du combat.

L’avantage revient désormais à la partie qui parvient le mieux à synchroniser la guerre électronique, les capacités cybernétiques, les capteurs et les systèmes sans pilote pour former un tout unifié. Le succès dépend de la capacité à supporter un volume élevé de pertes et à produire en masse des armes, plutôt que de s’appuyer sur quelques moyens de haute technologie.

Une stratégie obsolète

Malgré cette évolution, Washington reste attaché à une stratégie dépassée, axée sur des « super-plateformes » telles que le F-22, le F-35 et le futur F-47 du programme NGAD. Le gouvernement continue également de s’appuyer, à grands frais, sur des systèmes de défense aérienne complexes tels que le THAAD.

À l’ère de la guerre asymétrique et de l’usure à l’échelle industrielle, ces quelques systèmes d’élite ne peuvent pas contrer les essaims d’armes produites en masse et jetables utilisés par des adversaires comme la Chine ou l’Iran.

Contraintes en matière de production

La trajectoire actuelle de l’armée de l’air est particulièrement préoccupante. Le F-47 devrait coûter 300 millions de dollars par appareil, alors qu’il n’y a guère d’éléments indiquant qu’il serait plus efficace contre des cibles fortifiées que les flottes existantes de F-35. De même, le B-21 Raider, bien qu’il constitue une prouesse technique, affiche un coût exorbitant pouvant atteindre 730 millions de dollars par appareil.

Si les planificateurs affirment que ces appareils sont nécessaires pour les opérations furtives et au-delà de la portée visuelle (BVR), ils négligent une faille critique : la base industrielle américaine n’est pas en mesure de produire les quantités considérables de munitions de précision à longue portée requises pour rendre ces avions utiles dans un conflit prolongé.

Systèmes sans pilote

De plus, les États-Unis négligent le rôle central des systèmes sans pilote. Alors que le F-47 et le B-21 sont conçus pour une collaboration entre appareils pilotés et sans pilote, les États-Unis possèdent déjà des avions comme le F-35 qui pourraient être modernisés pour gérer des escadrons de drones sans avoir recours à de nouveaux projets exorbitants.

Le conflit avec l’Iran a démontré que des essaims de drones et de missiles peuvent épuiser les stocks américains, forçant des cessez-le-feu lorsque les munitions essentielles viennent à manquer. Pour éviter cela, le Pentagone doit abandonner son obsession pour les « armes miracles » et investir plutôt dans des missiles hypersoniques, des défenses aériennes abordables et des drones produits en série. Actuellement, les États-Unis dépensent l’argent des contribuables pour une vision dépassée de la guerre, ce qui les rend vulnérables face aux puissances de taille moyenne qui maîtrisent l’art de l’usure à l’échelle industrielle et en réseau. (fc)

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