Principaux renseignements
- Le président de la Fed, Kevin Warsh, fait face à son premier test majeur en abordant le chômage et l’inflation.
- Les marchés cherchent à savoir si les hausses persistantes des prix entraîneront des relèvements des taux d’intérêt.
- Son approche révélera si ses convictions théoriques sur l’IA et la productivité l’emportent sur les données économiques.
Kevin Warsh tiendra ce mercredi sa première grande conférence de presse en tant que président de la Réserve fédérale, marquant ainsi sa transition de son ancien rôle de théoricien de la politique économique à celui de dirigeant de la principale banque centrale mondiale.
Alors que Warsh s’était auparavant concentré sur le bilan de la Fed et ses modes de communication, cet événement sera la première occasion pour lui d’aborder les réalités économiques actuelles – telles que le chômage et l’inflation – depuis son poste de responsabilité, rapporte Reuters.
Le dilemme de l’inflation
Les investisseurs s’intéresseront avant tout au point de vue de Warsh sur l’inflation, qui reste actuellement supérieure à l’objectif de 2 pour cent. Son analyse visant à déterminer si les hausses de prix sont permanentes ou passagères indiquera si les taux d’intérêt sont susceptibles d’augmenter cette année.
Les tensions économiques actuelles, notamment les flambées des prix du pétrole liées aux conflits impliquant l’Iran et les droits de douane imposés par l’administration Trump, ont transformé ce qui était autrefois considéré comme des chocs temporaires en menaces inflationnistes potentielles à long terme. De plus, un marché du travail solide et la hausse des salaires exercent une pression supplémentaire sur l’économie.
Boîte noire
Des analystes suggèrent que la stratégie spécifique de Warsh pour lutter contre l’inflation est restée jusqu’à présent une « boîte noire ». La conférence à venir révélera comment il perçoit l’impact des droits de douane et la durabilité de la baisse des loyers.
Bien que Warsh ait exprimé le souhait de limiter les « indications prospectives » concernant les futures évolutions des taux, le marché suivra de près la manière dont il établit la distinction entre les perspectives économiques générales et les indications politiques spécifiques.
En ce qui concerne la réunion de politique monétaire à venir, la Fed devrait maintenir son taux directeur entre 3,50 pour cent et 3,75 pour cent.
La crédibilité en jeu
Lors de son passage à la Hoover Institution, Warsh a suggéré que la productivité générée par l’IA et un bilan réduit pourraient faire baisser l’inflation. Il a même avancé que l’inflation pourrait être inférieure à ce que suggèrent les données officielles.
La mesure dans laquelle il utilisera ces arguments pour justifier le fait d’éviter les hausses de taux révélera si son style de direction diffère véritablement de celui de ses prédécesseurs. Comme l’a noté William English de Yale, la Fed risque de paraître incompétente si elle reconnaît une inflation élevée mais choisit de l’ignorer en se basant sur des exclusions sélectives.
(at)(fc)
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