Principaux renseignements
- En tant que président de la Fed, Kevin Warsh doit faire face à des défis immédiats, notamment une inflation galopante et des pressions politiques.
- Les démocrates s’inquiètent de la nomination de Kevin Warash. Ils craignent que le président américain Donald Trump ne cherche, par son intermédiaire, à influencer la politique de la Fed.
- La réduction du bilan de la Fed sera une priorité majeure pour Warsh, qui estime que l’assouplissement quantitatif compromet l’indépendance de la banque centrale.
Kevin Warsh a été confirmé au poste de 17e président de la Réserve fédérale à l’issue d’un vote très serré au Sénat. Il hérite d’une banque centrale confrontée à des défis de taille, notamment la pression politique exercée par le président Donald Trump et une économie aux prises avec des tensions géopolitiques qui font grimper les taux d’inflation.
Les pressions inflationnistes s’intensifient
La confirmation de Warsh a été marquée par des divisions partisanes, soulignant le malaise des démocrates face aux affrontements entre Trump et la Fed au sujet de son indépendance. Malgré le soutien des républicains à la direction de Warsh, son mandat débute dans un contexte de flambée de l’inflation exacerbée par la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Alors que Trump a publiquement plaidé en faveur de baisses de taux, Warsh prend ses fonctions alors que les pressions inflationnistes s’intensifient. La récente flambée des prix à la consommation, qui ont atteint leur plus haut niveau depuis trois ans, dépasse la croissance des salaires, ce qui complique les espoirs d’un assouplissement monétaire immédiat. Les investisseurs s’attendent désormais à ce que la Fed maintienne son taux directeur, voire le relève si l’inflation persiste.
Gérer les désaccords internes
En tant que président, Warsh aura une influence sur l’ordre du jour du Comité fédéral de l’open market (FOMC), mais ne disposera pas d’un pouvoir unilatéral sur les décisions de taux. Une faction de décideurs politiques disposant d’un droit de vote a déjà exprimé ses inquiétudes face à la hausse de l’inflation, ce qui pourrait ouvrir la voie à des désaccords au sein du comité.
Warsh devrait introduire plusieurs changements au sein de la Fed, notamment la réduction de son bilan, une coordination plus étroite avec le département du Trésor et une diminution de la fréquence des réunions de politique monétaire et des conférences de presse. Il propose également de réduire les effectifs de la Fed à Washington et de limiter au minimum les indications prospectives sur l’évolution des taux d’intérêt.
Le défi de la réduction du bilan
Le défi le plus important pour Warsh pourrait être de gérer la réduction du bilan de la Fed. Il préconise de réduire les actifs détenus par la Fed et acquis dans le cadre des programmes d’assouplissement quantitatif, arguant que ces politiques compromettent l’indépendance de la banque centrale en soutenant, en substance, le gouvernement.
La recherche par Trump d’un nouveau président de la Fed a été longue et entachée de controverses. Un sénateur républicain influent a initialement bloqué la confirmation de Warsh en raison d’une enquête en cours du ministère de la Justice sur Jerome Powell, le prédécesseur de Trump à la présidence de la Fed. Cette enquête a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle ingérence politique dans les décisions de politique monétaire.
Finalement, le ministère de la Justice a abandonné l’enquête contre Powell, qui a promis son soutien à Warsh tout en se retirant de la scène publique. Powell restera au conseil d’administration de la Fed jusqu’à ce qu’il estime que le risque de nouvelles poursuites judiciaires s’est dissipé. (fc)
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