Principaux renseignements
- Les États-Unis ont déployé l’USS Nimitz dans les Caraïbes afin de faire pression sur le gouvernement cubain.
- Le manque de navires et les retards de livraison ont contraint la Marine à prolonger la durée de service du porte-avions.
- L’escalade militaire coïncide avec de graves difficultés économiques et une instabilité politique à Cuba.
Bien que son retrait du service soit prévu ce mois-ci à Norfolk, l’USS Nimitz a été déployé dans les Caraïbes. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de l’administration Trump visant à exercer une pression sur le gouvernement cubain.
Le plus ancien porte-avions en service
Le navire, qui est le plus ancien porte-avions en service de la flotte américaine, est arrivé en compagnie de la Carrier Air Wing 17 et de plusieurs navires de soutien, dont l’USS Gridley et l’USNS Patuxent. Le Commandement Sud des États-Unis a mis en avant l’arrivée du groupe aéronaval sur les réseaux sociaux, soulignant sa capacité de frappe meurtrière et sa domination stratégique.
La décision de la Marine de maintenir le navire en service pendant environ dix mois supplémentaires résulte de pénuries critiques au sein de la flotte de porte-avions. Plus précisément, la livraison de l’USS John F. Kennedy — un porte-avions de classe Ford — a été retardée de deux ans. Ces contretemps ont été causés par des défaillances techniques touchant les ascenseurs d’armes avancés et le dispositif d’appontage du navire. Le Congrès imposant un minimum de onze porte-avions en service, la Marine a été contrainte de prolonger la durée de vie de navires plus anciens comme le Nimitz, mis en service à l’origine en 1968.
Scénario vénézuélien
Ce déploiement intervient à un moment instable pour La Havane. Il coïncide avec la mise en accusation par le ministère américain de la Justice de l’ancien président cubain Raúl Castro, âgé de 94 ans.
Si la présence navale actuelle est présentée comme une démonstration de force, certains craignent qu’elle ne laisse présager des interventions plus directes, similaires à celles observées en Iran ou au Venezuela. Cette situation est aggravée par la présence signalée d’autres moyens dans la région, tels que le groupe amphibie Iwo Jima et divers croiseurs lance-missiles.
Pressions économiques et tensions politiques
Parallèlement à ce renforcement militaire, Cuba souffre de graves difficultés économiques. Les sanctions américaines visant les livraisons d’énergie en provenance du Venezuela ont plongé l’île dans une grave pénurie de carburant. Alors que l’armée et la police cubaines disposent de leurs propres réserves de carburant, la population est contrainte de recourir au charbon de bois et au bois pour cuisiner. Ce climat d’instabilité est encore exacerbé par les discours belliqueux de responsables américains, notamment du secrétaire d’État Marco Rubio, qui a utilisé les réseaux sociaux pour communiquer directement avec le public cubain.
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