Principaux renseignements
- La Chine utilise les influenceurs des réseaux sociaux pour redorer son image internationale auprès de la génération Z.
- Les centres de communication dirigés par l’État remplacent la propagande rigide par des récits « cyberpunk » visuellement époustouflants.
- Le soft power moderne privilégie le spectacle technologique au discours politique pour effacer les perceptions négatives.
La Chine tire parti du pouvoir des influenceurs sur les réseaux sociaux pour redorer son blason à l’échelle mondiale, transformant des villes comme Chongqing en phénomènes viraux. C’est ce qu’écrit Le Monde. En mettant en avant des paysages urbains futuristes, des infrastructures de haute technologie et une architecture visuellement époustouflante, le pays cible spécifiquement la génération Z. Cette tranche d’âge, qui préfère TikTok et Instagram aux sources d’information traditionnelles, est de plus en plus captivée par l’esthétique « cyberpunk » des métropoles chinoises — caractérisée par des villes verticales, des néons et des systèmes de transport innovants — plutôt que par les horizons familiers de New York ou de Dubaï.
Un changement de perception à l’échelle mondiale
Ce changement de perception intervient alors que l’autorité morale de l’Occident vacille. De nombreux jeunes, désabusés par l’instabilité politique aux États-Unis et par ce qu’ils perçoivent comme de l’hypocrisie en matière de droits humains internationaux, sont plus réceptifs au discours sur le développement et la stabilité de la Chine.
Des données récentes suggèrent une tendance croissante dans certaines régions d’Europe et aux États-Unis, où la Chine est perçue plus favorablement ou considérée comme moins menaçante que Washington. Ce pivot culturel est encore renforcé par la diplomatie de haut niveau et la présence de personnalités mondiales, telles qu’IShowSpeed et Khaby Lame, dont les visites apportent une visibilité massive à la modernité de la Chine.
Plus de 150 centres internationaux pour améliorer l’image de la Chine
Au-delà d’un intérêt spontané, ce facteur « cool » est le résultat d’une stratégie d’État calculée. Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine s’est éloignée de la propagande traditionnelle et rigide pour adopter une approche plus nuancée consistant à « bien raconter l’histoire de la Chine ».
Le gouvernement a mis en place plus de 150 « centres de communication internationale » destinés à gérer son image sur les plateformes étrangères. Ces centres créent des contenus visuellement attrayants et gèrent des milliers de comptes sur les réseaux sociaux afin de projeter une image positive et multidimensionnelle du pays auprès d’un public mondial.
Soft power moderne
Un élément clé de cette stratégie consiste à accueillir des créateurs de contenu étrangers dans le cadre de voyages tous frais payés. En invitant des influenceurs de régions stratégiques comme l’Indonésie ou de jeunes étudiants de Taïwan, Pékin contourne les canaux officiels du gouvernement pour s’adresser directement aux citoyens.
Ces visiteurs sont souvent émerveillés par le spectacle des trains à grande vitesse et des hôtels robotisés, ce qui les amène à louer la résilience et les prouesses technologiques de la Chine. En privilégiant la « magie de la modernité » plutôt que le discours politique, la Chine utilise efficacement le soft power pour remplacer les perceptions historiques négatives par la vision d’une superpuissance futuriste. (fc)
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