L’UE dévoile un plan pour simplifier les voyages en train internationaux


Principaux renseignements

  • L’initiative « Un trajet, un billet » de l’UE regroupe les réservations ferroviaires internationales, jusqu’ici fragmentées, au sein d’un cadre numérique unique.
  • Ce système impose une tarification transparente et une protection complète des passagers auprès de tous les opérateurs ferroviaires.
  • L’accès ouvert aux données permettra de démanteler les monopoles nationaux afin de faire baisser les prix et de favoriser la concurrence.

La Commission européenne a lancé l’initiative « Un voyage, un billet », une mesure stratégique visant à rationaliser les voyages ferroviaires internationaux. Ce nouveau paquet « Passagers » vise à remplacer un système disparate de réservations fragmentées par un cadre numérique unifié, garantissant aux voyageurs une protection juridique et un accompagnement tout au long de leur voyage, quel que soit le nombre de compagnies ferroviaires utilisées. C’est ce que rapporte Euronews.

Le fardeau des réservations fragmentées

Actuellement, la réservation de voyages transfrontaliers en Europe constitue un obstacle majeur. Les données indiquent que 20 pour cent des trajets internationaux sur les principaux axes ne peuvent pas être achetés en une seule transaction, et plus de la moitié des trajets de plus de 900 kilomètres souffrent du même manque d’options de réservation de bout en bout. Cette inefficacité rend la planification d’un voyage en train environ 70 pour cent plus longue que la réservation d’un vol. Le problème est encore compliqué par l’« invisibilité numérique », qui fait qu’un train spécifique peut être réservable sur la plateforme d’un pays mais invisible sur celle d’un autre, bien qu’il desserve le même itinéraire.

Cette fragmentation est souvent entretenue par les opérateurs nationaux dominants qui restreignent l’accès aux données afin de protéger leur part de marché et de décourager les concurrents tiers. De tels monopoles non seulement étouffent les alternatives moins chères pour les consommateurs, mais créent également un isolement économique pour les régions frontalières, entravant ainsi l’objectif de l’UE d’un marché unique pleinement intégré.

Un nouveau cadre pour les droits des passagers

Pour remédier à cela, le nouveau paquet permet aux voyageurs de combiner différents segments ferroviaires en une seule réservation. Ce système impose aux opérateurs de proposer des tarifs transparents et de garantir des droits complets aux passagers. En cas de perturbations, les entreprises doivent proposer un réacheminement, des repas et un hébergement, ainsi qu’une compensation financière fixée en fonction de la durée du retard. De plus, l’initiative exige des grands opérateurs qu’ils répertorient tous les services disponibles dans leur région — et pas seulement les leurs — et qu’ils intègrent des filtres d’empreinte carbone pour encourager les choix durables.

Cette initiative s’appuie sur les efforts de libéralisation ferroviaire menés entre 2001 et 2016 et sur le règlement de 2021 relatif aux droits des voyageurs ferroviaires. Alors que les efforts antérieurs se concentraient sur la sécurité et l’ouverture du marché, cette nouvelle approche cible spécifiquement l’expérience utilisateur et la logistique de billetterie.

Stimuler la concurrence et les infrastructures

La Commission estime que l’ouverture des données sur les billets favorisera la concurrence, permettant ainsi aux petites start-ups de contester les monopoles et de faire baisser les prix. De plus, cette demande de voyages sans rupture pourrait inciter les États membres à moderniser leurs infrastructures physiques, par exemple en synchronisant les systèmes de signalisation et en supprimant les goulets d’étranglement aux frontières.

Cependant, la Communauté des entreprises européennes de chemins de fer et d’infrastructures (CER) a critiqué ce projet, le qualifiant d’excès réglementaire. Elle fait valoir que le fait d’obliger les transporteurs nationaux à vendre les billets de leurs concurrents les prive de leur autonomie commerciale et transfère le pouvoir vers les intermédiaires numériques, ce qui pourrait à terme entraîner une hausse des commissions et des prix des billets. La CER soutient également que la billetterie est une préoccupation secondaire ; elle estime que sans remédier au préalable aux lacunes des infrastructures physiques et sans augmenter la capacité des trains à grande vitesse, un « billet unique » n’est qu’un geste symbolique.

La voie vers la mise en œuvre

La proposition est désormais soumise au Parlement européen et au Conseil pour approbation. Pour que ce projet aboutisse, il doit s’accompagner de la mise en œuvre du règlement sur les services de mobilité numérique multimodale et du règlement sur la réservation et la billetterie numériques uniques, ainsi que d’investissements importants dans les infrastructures ferroviaires physiques. (fc)

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