L’Ukraine rejette l’« UE allégée » et continue de miser sur une adhésion à part entière


Principaux renseignements

  • L’Ukraine, sous la direction du président Volodymyr Zelensky, refuse une adhésion « UE allégée » et exige une intégration politique et institutionnelle complète au sein de l’Union européenne.
  • Le débat est étroitement lié à la sécurité et à la guerre avec la Russie, l’Ukraine se considérant comme un partenaire stratégique au sein de la défense européenne.
  • Au sein de l’Union européenne, des divergences persistent quant au rythme et à la faisabilité de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, malgré un large soutien politique.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pris clairement position contre la proposition « UE allégée » de l’Union européenne lors de la rencontre à Berlin mardi dernier. Cette proposition prévoit que l’Ukraine, candidate à l’adhésion à l’UE depuis 2022, devienne un État membre européen, avec des restrictions telles que la participation politique ou la prise de décision.

Rejet de l’« UE allégée »

Zelensky se tenait aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz lors de son discours à Berlin. Il a clairement indiqué lors de la conférence de presse que son pays ne se contenterait pas d’une adhésion limitée à l’UE, ni d’une adhésion limitée à l’OTAN. En effet, cela signifierait que le pays aurait moins d’influence que les autres États membres au sein des institutions européennes s’il adhérait.

Le président estime qu’un tel modèle est inacceptable et réduirait l’Ukraine à un « État membre de seconde zone ». Il a établi une comparaison avec la défense, soulignant ainsi le rôle de l’Ukraine en tant qu’acteur de la sécurité au sein de l’Union européenne.

« L’Europe et les pays de l’OTAN ont besoin de l’Ukraine en tant que partenaire à part entière et fort. Ils ont besoin de notre armée, une armée forte. Personne ne souhaite une version « allégée » de l’armée ukrainienne. Quelle protection cela offrirait-il ? », a déclaré Zelensky.

Position ukrainienne

La défaite de Viktor Orbán aux élections hongroises élimine le principal obstacle à une éventuelle adhésion. Pour l’Ukraine, l’adhésion à l’UE est à la fois une question économique et politique. C’est également une question de sécurité stratégique dans le contexte de la guerre avec la Russie.

L’Ukraine fait clairement savoir que son expérience militaire et son rôle dans la défense de l’Europe ne peuvent être ignorés. Selon Zelensky, cette adhésion potentielle doit donc être considérée comme faisant partie d’une architecture de sécurité plus large de l’Union européenne.

L’Allemagne et l’Ukraine ont déjà annoncé une coopération plus intense dans le domaine de la défense, rapporte Reuters. Un accord a notamment été conclu sur la production de systèmes de défense avancés et de drones. Merz a souligné qu’il considérait un investissement en Ukraine comme un investissement dans la sécurité européenne. Il a également déclaré qu’une adhésion rapide du pays ne serait pas possible.

Divisions au sein de l’Union européenne

Le soutien à l’Ukraine au sein de l’Union européenne est important. Il n’existe toutefois pas de consensus sur la rapidité du processus d’adhésion. Plusieurs États membres mettent en garde contre les conséquences graves qu’un élargissement trop rapide pourrait avoir sur les plans juridique, institutionnel et économique.

Selon plusieurs États membres européens, le processus d’adhésion actuel est trop long et trop strict. Selon eux, les pays candidats devraient satisfaire à trop de critères. C’est pourquoi les analystes sont également convaincus qu’une adhésion de l’Ukraine d’ici 2027 est irréaliste.

Parallèlement, l’idée de modèles alternatifs circule au sein de l’UE. On évoque ainsi une intégration progressive ou un accès limité aux programmes européens avant qu’un État membre ne puisse devenir membre à part entière. (fc)

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