Prévisions d’inflation en Argentine révisées à 29,1 pour cent


Principaux renseignements

  • Le conflit au Moyen-Orient a considérablement fait grimper les prévisions d’inflation en Argentine, qui atteindraient 29,1 pour cent d’ici 2026 en raison de la hausse des prix mondiaux du pétrole.
  • Les progrès réalisés par l’Argentine dans la lutte contre l’inflation ont été réduits à néant, l’inflation mensuelle devant atteindre 3 pour cent en mars.
  • Si l’Argentine attire les investissements à long terme, la révision des prévisions d’inflation représente un défi politique majeur pour le gouvernement actuel.

Les prévisions d’inflation pour l’Argentine en 2026 ont été considérablement revues à la hausse, atteignant 29,1 pour cent. Cette forte augmentation est principalement attribuée au conflit en cours au Moyen-Orient et à son impact sur les prix mondiaux du pétrole.

Les pressions inflationnistes refont surface

Avant le conflit, l’Argentine avait remporté un succès notable dans la lutte contre l’inflation, la ramenant d’un pic de 211 pour cent en 2023 à environ 30 pour cent fin 2025. Cette tendance désinflationniste était considérée comme une réussite majeure pour le gouvernement actuel et avait renforcé la confiance des investisseurs.

Cependant, la flambée des cours mondiaux du pétrole déclenchée par le conflit au Moyen-Orient a inversé cette trajectoire positive. Bien qu’elle soit un exportateur net d’énergie, l’Argentine reste vulnérable à la hausse des coûts du carburant, des frais de transport et des coûts logistiques liés à l’alimentation, à l’instar des répercussions observées au Chili, en Colombie et au Brésil.

L’incertitude alimente les prévisions d’inflation.

Les analystes prévoient que l’inflation mensuelle atteindra 3 pour cent en mars, ce qui correspond à un taux annualisé supérieur à 42 pour cent. Cette projection repose sur l’hypothèse qu’un cessez-le-feu réussi entraînera une baisse des prix du pétrole, atténuant ainsi les pressions inflationnistes au second semestre. Si le cessez-le-feu échoue et que les prix du Brent dépassent 100 dollars le baril, la prévision d’inflation de 29,1 pour cent pour 2026 pourrait s’avérer trop optimiste.

Malgré une prévision de croissance du PIB respectable de 3,3 pour cent pour 2026, qui s’aligne sur les projections régionales, cela représente un ralentissement par rapport au rebond robuste de 4,5 pour cent observé en 2025. La consommation intérieure reste modérée en raison des mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement, même si des secteurs tels que les exportations d’énergie et l’exploitation minière, tirés par Vaca Muerta, connaissent une croissance significative.

La dépréciation du peso se poursuit

Le peso devrait se déprécier de 17,4 pour cent par rapport au dollar américain d’ici décembre, pour atteindre un taux de 1 700 pesos pour un dollar. Cela suggère que les analystes s’attendent à ce que le mécanisme actuel de parité glissante continue d’absorber les écarts d’inflation sans dévaluation soudaine. Toutefois, toute perturbation du cessez-le-feu ou tout changement dans l’appétit mondial pour le risque pourrait accélérer la dépréciation du peso.

L’adoption récente de la réforme de la loi sur les glaciers vise à attirer les investissements étrangers, en particulier dans le secteur minier, ce qui peut renforcer la position extérieure de l’Argentine. Toutefois, les bénéfices de ces investissements ne devraient se concrétiser qu’à plus long terme.

L’inflation reste un défi politique majeur

Pour l’administration actuelle, la révision des prévisions d’inflation rappelle que la réalisation d’une inflation à un chiffre nécessite des conditions externes favorables. Le conflit au Moyen-Orient a perturbé ces progrès, mettant en évidence les défis persistants auxquels l’économie argentine est confrontée. Si les scandales politiques font la une des journaux, c’est le chiffre révisé de l’inflation, à 29,1 pour cent (et non les 26 pour cent initialement prévus), qui déterminera en fin de compte si l’économie produira des résultats tangibles pour les électeurs avant le prochain cycle électoral. (fc)

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