Principaux renseignements
- Giorgia Meloni prend ses distances avec Donald Trump après la défaite du référendum sur la réforme de la justice.
- Afin de stabiliser son leadership, Meloni met l’accent sur la transparence et une communication franche entre ses alliés, tout en accentuant ses désaccords passés avec les politiques américaines.
- La flambée des prix de l’énergie due au conflit en Iran constitue une menace sérieuse pour le gouvernement de Meloni et nécessite de demander une certaine flexibilité vis-à-vis des règles de l’UE en matière d’endettement.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a prononcé jeudi un discours devant le Parlement, dans le but de stabiliser son leadership après la récente défaite référendaire sur la réforme de la justice. Cette défaite a été largement interprétée comme le reflet de l’opinion publique à l’égard de Meloni elle-même.
Changements d’alliances
Ses alliés attribuent cet échec à la flambée des prix de l’énergie alimentée par le conflit en Iran et aux liens de Meloni avec président Donald Trump, qui est de plus en plus perçu comme controversé, même au sein des cercles de droite. Dans un revirement significatif, Meloni a pris publiquement ses distances avec Trump pour la première fois depuis sa réélection en 2024.
Elle parle de l’importance de la transparence et d’une communication franche entre alliés, affirmant que les désaccords devoient être ouvertement reconnus. Meloni a cité plusieurs exemples où son gouvernement a contesté les politiques américaines, notamment en s’opposant aux droits de douane imposés par l’administration Trump et en défendant la réputation des soldats italiens déployés en Afghanistan contre les critiques. Elle a également évoqué le refus de l’Italie d’autoriser un avion militaire américain à atterrir à la base aérienne de Sigonella en Sicile avant une mission au Moyen-Orient, soulignant ainsi une divergence dans les approches de politique étrangère.
Une distance croissante
Ce discours marque un net revirement par rapport à la position antérieure de Meloni envers Trump, qui reste impopulaire en Italie. Alors qu’elle qualifiait auparavant les droits de douane de Trump à l’encontre des alliés européens d’« erreur » et les attribuait à un « malentendu », allant même jusqu’à le soutenir pour le prix Nobel de la paix, ses récentes remarques indiquent une distance croissante.
La flambée des prix de l’énergie liée au conflit en Iran constitue une grave menace politique pour le gouvernement de Meloni. Un rapport de la Banque d’Italie prévoit une révision à la baisse des prévisions de croissance en raison d’une incertitude accrue, suggérant que l’impact de la guerre sur le marché énergétique et l’économie italiens pourrait déclencher une récession. Ces contraintes économiques rendent difficile pour le gouvernement de Meloni de garantir le financement de son budget préélectoral de l’année prochaine et d’apporter un soulagement financier aux électeurs.
En quête de flexibilité
Face à ces défis, Meloni a relancé une proposition précédemment rejetée par la Commission européenne : suspendre temporairement le pacte de stabilité et de croissance si le conflit persiste. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a souligné l’urgence de cette proposition, comparant les règles de l’UE en matière d’endettement à des mesures restrictives entravant la reprise économique. Il convient de noter que certains responsables européens se sont montrés ouverts à l’idée d’envisager une plus grande flexibilité à la lumière de la crise actuelle.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

