Nouveau président vietnamien consolide le pouvoir


Principaux renseignements

  • Tô Lâm prend les fonctions de président de l’État, consolidant ainsi le pouvoir au sein du Parti communiste vietnamien.
  • Cette concentration des pouvoirs pourrait accélérer les réformes économiques tout en présentant des risques pour le système politique vietnamien.
  • Le Minh Hung, le nouveau Premier ministre, apporte son expertise économique à la direction du Vietnam, avec pour objectif une croissance à deux chiffres.

Les membres de l’Assemblée nationale du Vietnam ont élu à l’unanimité Tô Lâm, secrétaire général du Parti communiste, à la présidence pour un mandat de cinq ans. Cette décision concentre le pouvoir entre les mains d’une seule personne, ce qui pourrait conduire le Vietnam vers un régime plus autoritaire, tout en permettant une prise de décision plus rapide.

Un double rôle

La nomination officielle de Lâm intervient après une période où il a brièvement occupé les deux fonctions, à la suite du décès du secrétaire général Nguyễn Phú Trọng en 2024. Même après avoir transmis la présidence à Lương Cường quelques mois plus tard, Lâm est resté le dirigeant effectif du pays et a représenté le Vietnam lors de réunions internationales.

Les analystes estiment que cette nouvelle concentration du pouvoir entre les mains de Lâm pourrait comporter des risques pour le système politique vietnamien. Âgé de 68 ans, Lâm a déjà mené des réformes économiques ambitieuses pour renforcer la compétitivité du Vietnam. Il vise une croissance accélérée grâce à un nouveau modèle de développement réduisant la dépendance à la production bon marché. Bien que ces réformes aient été à la fois saluées et critiquées, Lâm a fait preuve de flexibilité dans leur mise en œuvre.

Continuité adans les relations internationales

Lâm a exprimé son soutien à l’expansion des conglomérats privés au Vietnam, tout en soulignant le rôle des entreprises publiques pour satisfaire les traditionalistes au sein du parti. Les investisseurs étrangers le considèrent généralement comme pro-business et apprécient la stabilité politique actuelle du Vietnam. Certains expriment cependant des inquiétudes quant à un éventuel favoritisme, des risques de corruption, des bulles sur les marchés d’actifs et des gaspillages liés au soutien de Lâm aux entreprises nationales et à sa quête de croissance rapide.

En matière de politique étrangère, Lâm maintient la « diplomatie du bambou » du Vietnam, cherchant un équilibre dans les relations avec les grandes puissances tout en élargissant les partenariats internationaux. Les experts estiment que son double rôle ne modifiera pas fondamentalement la politique étrangère du Vietnam.

Un nouveau Premier ministre aux compétences économiques

Lê Minh Hưng, le nouveau Premier ministre âgé de 55 ans, était autrefois la plus jeune personne à occuper le poste de gouverneur de la banque centrale (2016-2020). Il succède à Pham Minh Chinh, qui a dirigé le pays pendant une période de forte expansion économique et s’est affirmé sur la scène internationale.

La nomination de Hưng est perçue par certains comme une tentative d’introduire une expertise économique au plus haut niveau du gouvernement, traditionnellement dominé par des politiciens issus du secteur de la sécurité. Dans son discours devant l’Assemblée nationale, Hưng a promis de promouvoir une croissance durable et d’atteindre l’objectif ambitieux du parti d’une croissance économique annuelle d’au moins 10 % d’ici 2030.

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