La Pologne enregistre une forte baisse des passages illégaux à la frontière avec la Biélorussie


Principaux renseignements

  • La Pologne a enregistré, à la frontière avec la Biélorussie, une baisse de 96 pour cent du nombre de passages illégaux par rapport à l’année dernière.
  • L’approche de « tolérance zéro » du gouvernement polonais envers l’immigration clandestine, comprenant des contrôles frontaliers plus stricts et la suspension des demandes d’asile, a largement contribué à ce succès.
  • Malgré ce succès actuel, la Pologne reste vigilante et poursuit ses mesures de protection des frontières ainsi que les contrôles temporaires avec les pays voisins.

Le ministère polonais de l’Intérieur a annoncé une baisse significative du nombre de franchissements illégaux de la frontière avec la Biélorussie. Ce nombre a diminué de 96 pour cent par rapport à la même période l’année dernière. Ce succès est attribué à une série de mesures mises en œuvre par le gouvernement polonais pour faire face à la pression migratoire le long de sa frontière orientale.

Le ministère a souligné qu’au premier trimestre 2023, on n’a dénombré que 158 tentatives de franchissement illégal de la frontière. Au cours de la même période en 2022, on en comptait 3 306. Parmi les facteurs ayant contribué à cette baisse figurent des contrôles frontaliers plus stricts, le renforcement des infrastructures de sécurité et la suspension temporaire des demandes d’asile à la frontière biélorusse.

Approche de « tolérance zéro » de la Pologne

Le ministère a réaffirmé son engagement en faveur d’une approche de « tolérance zéro » face à l’immigration clandestine. La situation est actuellement sous contrôle, mais la vigilance reste primordiale, selon le ministère. Les mesures de protection des frontières et les contrôles temporaires aux frontières de la Pologne avec l’Allemagne et la Lituanie se poursuivront.

Depuis fin 2021, la Pologne est confrontée à une pression migratoire persistante en provenance de l’est, lorsqu’un grand nombre de migrants, principalement originaires du Moyen-Orient et d’Afrique, ont tenté d’entrer illégalement en Pologne et en Lituanie via la Biélorussie. Les gouvernements polonais et européen ont accusé le président biélorusse Alexandre Loukachenko, un proche allié de la Russie, d’orchestrer cet afflux de migrants dans le but de déstabiliser l’Union européenne.

De nombreux migrants entrant en Pologne depuis la Biélorussie poursuivent leur route vers des pays de l’UE plus riches, comme l’Allemagne. Cela a conduit tant Varsovie que Berlin à mettre en place des contrôles aux frontières ces dernières années.

Critiques à l’égard des restrictions en matière d’asile

En mars 2022, la Pologne a introduit des restrictions sur les demandes d’asile à sa frontière avec la Biélorussie. Ces mesures ont depuis été prolongées à plusieurs reprises. Les organisations de défense des droits de l’homme critiquent cette politique, qu’elles jugent contraire à la Constitution polonaise et aux obligations internationales, notamment à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Le gouvernement polonais défend toutefois ces règles, les jugeant essentielles pour lutter contre ce qu’il qualifie d' »instrumentalisation de la migration » par la Biélorussie.

Renforcement via « East Shield »

La Pologne renforce sa frontière grâce à un projet pluriannuel connu sous le nom de « East Shield ». Celui-ci vise à renforcer certaines parties de la frontière avec la Biélorussie et l’enclave russe de Kaliningrad. Le coût de cette initiative est estimé à 10 milliards de zlotys (2,3 milliards d’euros), une partie du financement provenant de l’Union européenne. (fc)

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