Principaux renseignements
- Le Parlement européen a approuvé une nouvelle loi visant à accélérer l’expulsion des migrants en situation irrégulière hors de l’UE.
- Cette législation autorise la création de centres de rétention en dehors de l’UE et étend les interdictions d’entrée aux migrants renvoyés.
- Malgré les inquiétudes concernant les violations des droits de l’homme, la loi a reçu le soutien des partis conservateurs et d’extrême droite.
Jeudi, le Parlement européen a adopté une nouvelle loi controversée visant à accélérer le retour des migrants en situation irrégulière dans l’UE. Cette législation permet aux États membres de construire des centres de rétention en dehors de l’UE, de mener des discussions avec des autorités non reconnues dans des pays tiers et d’imposer une interdiction d’entrée aux migrants qui reviennent.
Loi
Le « règlement sur le retour » est considéré comme essentiel pour augmenter le taux de retour des personnes qui ne disposent pas d’un droit de séjour légal dans l’UE. Il est à noter que la loi autorise le retour vers des pays tiers sans lien avec le pays d’origine d’un migrant. Cela n’est toutefois possible que si un pays de l’UE a conclu des accords bilatéraux avec un pays tiers afin de construire sur son territoire des centres appelés « pôles de retour ».
La proposition de loi a été soutenue par 389 députés européens, 206 ont voté contre et 32 se sont abstenus. Après le vote, une grande partie de l’hémicycle a éclaté en applaudissements et en acclamations. La version définitive de la loi va désormais être examinée par le Parlement et les États membres de l’UE. Les négociations devraient se dérouler sans heurts, car il n’y a pas de divergences majeures entre les deux textes.
Préoccupations
Lors du vote, les groupes politiques de gauche se sont opposés à la loi. Ils ont fait part de leurs inquiétudes quant à la compatibilité de cette loi avec les droits fondamentaux des personnes. Selon les détracteurs, le renvoi de migrants vers des pays qui leur sont inconnus constitue une atteinte à la dignité humaine.
Alignements politiques
Malgré l’opposition des groupes de gauche, la loi a reçu le soutien des partis conservateurs, dont le PPE, qui s’est rallié aux groupes d’extrême droite lors du vote. Le caractère secret de cette collaboration a suscité des critiques et a mis en évidence les tensions persistantes au sein du paysage politique européen concernant la politique migratoire.
Lors du vote, le Parti populaire européen (PPE) s’est allié aux groupes d’extrême droite pour faire adopter le projet de loi. Une poignée de députés européens du PPE ont toutefois voté contre le projet de loi ou se sont abstenus. « Nous allons imposer un principe simple : ceux qui entrent illégalement en Europe ne peuvent pas rester », a écrit le député européen du PPE François-Xavier Bellamy sur X. (ev)(fc)
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