Le Premier ministre De Wever réclame une approche européenne plus ferme contre les pratiques commerciales déloyales de la Chine


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre belge Bart De Wever exhorte l’UE à adopter une position plus ferme face aux pratiques commerciales déloyales de la Chine.
  • De Wever met en garde contre le fait que la domination de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement comporte des risques économiques et sécuritaires considérables pour l’Europe.
  • Il plaide pour une coopération plus étroite au sein de l’UE, une diversification des partenariats et des investissements dans des secteurs stratégiques afin de contrebalancer l’influence de la Chine.

Le Premier ministre belge Bart De Wever appelle l’Union européenne à adopter une position plus ferme contre ce qu’il considère comme des pratiques commerciales déloyales de la Chine. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, De Wever exprime sa crainte que la politique économique de la Chine ne sape le secteur industriel européen. C’est ce que rapporte Belga.

Inquiétudes concernant les pratiques commerciales déloyales

De Wever souligne la stratégie de croissance agressive et axée sur l’exportation de la Chine, en particulier dans des secteurs clés tels que la transition écologique, la chimie et l’industrie pharmaceutique. Les données montrent une augmentation considérable des exportations chinoises, ce qui confirme la présence croissante du pays sur le marché.

De Wever accuse également la Chine de désavantager les entreprises européennes sur son propre marché par le biais de pratiques telles que les transferts de technologie forcés et les violations de la propriété intellectuelle. Il souligne en outre que les entreprises chinoises qui investissent en Europe bénéficient souvent de subventions publiques et font appel à leur propre main-d’œuvre. De ce fait, les retombées économiques pour les communautés locales restent limitées.

Domination dans la chaîne d’approvisionnement

De Wever tire la sonnette d’alarme concernant le contrôle exercé par la Chine sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il souligne les restrictions à l’exportation de matières premières essentielles, que la Chine utilise de plus en plus comme un instrument politique. Il exprime également ses inquiétudes concernant les menaces en matière de cybersécurité, les activités d’espionnage et le soutien apporté par la Chine à l’effort de guerre de la Russie. Un éventuel conflit autour de Taïwan, prévient-il, pourrait gravement perturber les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs, qui sont cruciales pour le fonctionnement de l’Europe.

De Wever préconise que l’UE réévalue son approche actuelle envers la Chine, qui la classe à la fois comme partenaire, concurrent économique et rival systémique. Il fait valoir que ce cadre est obsolète et propose une politique plus unifiée et plus affirmée.

Recommandations d’action

Ses recommandations visent notamment à renforcer les pouvoirs de la Commission européenne. Cela permettrait à la Commission d’enquêter plus efficacement sur les pratiques commerciales déloyales. Il souhaite également encourager une coopération plus étroite entre les États membres, afin d’éviter la multiplication d’accords bilatéraux fragmentés avec des pays tiers.

De Wever exhorte également l’UE à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine en renforçant ses liens avec des nations telles que les États-Unis, le Canada, le Japon et l’Inde, qui sont confrontées à des défis similaires.

Dans le même temps, l’Europe doit investir dans le renforcement de sa position au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales afin de contrebalancer l’influence de la Chine.

Accepter conséquences potentielles

De Wever reconnaît qu’une position plus ferme pourrait entraîner des mesures de rétorsion de la part de Pékin, telles que des restrictions sur des exportations clés. Il estime toutefois que l’UE devrait accepter ces conséquences potentielles, arguant qu’une action décisive est nécessaire pour protéger l’industrie, l’économie et le bien-être des citoyens européens à long terme. Il conclut en demandant instamment que la question de la concurrence chinoise soit traitée en priorité lors du prochain sommet du Conseil européen à Chypre.

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