Le veto de Viktor Orbán menace le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán menace le prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine en y opposant son veto.
  • La campagne de réélection d’Orbán est axée sur l’oléoduc Druzhba et ses accusations contre Zelensky.
  • La stabilité financière de l’Ukraine s’étend au-delà des élections, offrant une fenêtre pour une résolution post-électorale.

Le sort du prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine est en suspens, le veto de Viktor Orbán menaçant de perdurer jusqu’après les élections hongroises du 12 avril. Bruxelles bruisse de spéculations quant à savoir si Orbán lèvera son veto avant ou après le scrutin. Le différend concernant l’oléoduc Druzhba, qui achemine le pétrole russe vers la Hongrie, est devenu un enjeu central de cette campagne électorale très disputée, Orbán étant confronté à une forte opposition de la part du chef de l’opposition Péter Magyar.

La rhétorique d’Orbán s’envenime

La rhétorique combative d’Orbán et ses accusations incendiaires à l’encontre du président ukrainien Volodymyr Zelensky se sont intensifiées ces dernières semaines. Il accuse Zelensky d’avoir délibérément fermé l’oléoduc à des fins politiques, tandis que Zelensky insiste sur le fait que l’oléoduc a été endommagé par une attaque de drone russe et nécessite des réparations avant que les livraisons de pétrole puissent reprendre.

Sous la pression de la Commission européenne, Zelensky a accepté de fournir un calendrier pour la réouverture éventuelle de l’oléoduc. Cela a suscité un optimisme prudent quant à la possibilité de parvenir à un compromis avant les élections, d’autant plus qu’Orbán lui-même a plaidé en faveur d’une inspection par des experts indépendants de la section endommagée de l’oléoduc.

Orbán risque une réprimande

Le prochain déplacement d’Orbán à Bruxelles pour un sommet de l’UE sera sa première rencontre avec ses homologues depuis qu’il a opposé son veto. Il risque une réprimande pour avoir enfreint le principe de coopération loyale en revenant sur un accord préalablement conclu. C’est ce qu’a déclaré un diplomate à Euronews.

Alors que beaucoup à Bruxelles estiment qu’Orbán n’a guère intérêt à lever son veto avant les élections, le calendrier des répercussions financières potentielles pour l’Ukraine a changé. La Commission estime désormais que l’Ukraine pourrait maintenir ses dépenses de guerre jusqu’à fin avril ou début mai grâce aux paiements en attente provenant d’une ligne de crédit du G7 et d’un nouveau programme du FMI.

Une opportunité après les élections

Ce délai prolongé ouvre la possibilité pour Orbán ou Magyar de lever le veto après les élections sans causer de difficultés financières importantes à l’Ukraine.

En fin de compte, Bruxelles reconnaît que la sortie de l’impasse dépend de l’oléoduc Druzhba. La Commission explore des options d’aide financière pour accélérer le processus de réparation, tandis que l’intérêt pour des solutions alternatives, telles que le recours aux traités de l’UE ou l’utilisation de l’oléoduc Adria, s’est estompé.

Le consensus à Bruxelles reste ferme : le prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, tel que convenu par les 27 dirigeants en décembre, doit être préservé.

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