La Chine marche sur la corde raide diplomatique face aux actions des États-Unis en Iran


Principaux renseignements

  • La Chine donne la priorité à ses propres intérêts et à ses relations avec les États-Unis avant tout.
  • Si la Chine soutient l’Iran sur les plans diplomatique et économique, elle évite toute implication militaire directe dans ses conflits.
  • La réponse mesurée de la Chine renforce son image de puissance non interventionniste, tout en soulevant des questions quant à sa fiabilité en tant que partenaire.

La Chine a réagi aux récentes actions des États-Unis contre l’Iran et le Venezuela par une diplomatie mesurée. Tout en condamnant la capture et l’assassinat de dirigeants souverains, Pékin s’est abstenu d’apporter un soutien substantiel à Téhéran.

Intérêts stratégiques

Cette approche pragmatique reflète la priorité accordée par la Chine à ses propres intérêts, en particulier à ses relations avec les États-Unis à l’approche du prochain sommet. Les experts suggèrent que la Chine pourrait se réjouir du détournement des ressources américaines de la région indo-pacifique. Ils l’ont déclaré à CNN.

Bien qu’elle soit le plus grand acheteur de pétrole iranien, la Chine a des intérêts stratégiques limités en Iran. La coopération militaire reste restreinte et les relations commerciales avec les autres États du Golfe surpassent celles avec l’Iran. Pékin reconnaît le risque d’escalade des tensions avec les États-Unis au sujet de l’Iran et donne la priorité au maintien de la trêve commerciale et à la stabilité globale des relations bilatérales.

Contexte historique

Historiquement, la Chine a apporté un soutien diplomatique et économique à l’Iran, s’opposant aux sanctions américaines et défendant le programme nucléaire pacifique de l’Iran. Pékin a également renforcé la position de l’Iran sur la scène internationale grâce à des groupements multilatéraux tels que les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai. Cependant, la Chine évite systématiquement de s’impliquer directement dans les conflits de ses partenaires, soulignant sa réticence à s’impliquer dans les questions de sécurité au Moyen-Orient au-delà de la protection de ses propres intérêts.

Cette approche prudente était évidente lors des conflits passés de l’Iran avec Israël et les États-Unis, où la Chine n’a offert qu’un soutien rhétorique. Les experts suggèrent que l’expérience de la Chine avec les interventions américaines en Afghanistan et en Irak a tempéré son ambition d’agir en tant que garant de la sécurité des pays du Sud.

Équilibre régional

Si les relations de la Chine avec l’Iran renforcent sa sécurité énergétique et son influence au Moyen-Orient, Pékin cultive également des relations avec d’autres acteurs régionaux, tels que l’Arabie saoudite. Cette approche équilibrée vise à maintenir la stabilité régionale.

Malgré ces liens, Washington s’inquiète de l’alliance croissante entre la Chine, l’Iran, la Russie et la Corée du Nord. Le défilé militaire conjoint organisé à Pékin l’année dernière, qui a mis en évidence cette unité, et les exercices militaires conjoints réguliers menés par les quatre pays ont renforcé ces appréhensions.

Questions de fiabilité

Des questions se posent quant à la fiabilité de la Chine en tant que partenaire en période d’adversité, en particulier pour des alliés lointains comme l’Iran et le Venezuela.

Malgré le soutien limité apporté à l’Iran lors des récentes confrontations militaires, Téhéran est susceptible de maintenir ses liens avec la Chine en raison de son poids économique.

Opportunités 

L’intervention militaire américaine en Iran présente à la fois des opportunités et des défis pour la Chine. Si l’attention portée par les États-Unis au Moyen-Orient pourrait potentiellement détourner leurs ressources et leur attention de la région indo-pacifique, la Chine est confrontée au risque de perturbations à court terme de sa chaîne d’approvisionnement énergétique.

La diversification des sources d’approvisionnement en pétrole et les stocks de la Chine pourraient atténuer l’impact immédiat de la réduction des importations de pétrole iranien. Cependant, l’instabilité régionale plus générale et les perturbations potentielles dans le détroit d’Ormuz constituent une préoccupation plus importante.

Message adressé aux pays du Sud

La réponse mesurée de la Chine à la situation renforce son message adressé aux pays du Sud, présentant les États-Unis comme une puissance hégémonique tout en se positionnant comme le champion de la non-ingérence.

Cette approche, tout en offrant une plus grande flexibilité et en réduisant le risque de surenchère stratégique, limite également la capacité de la Chine à influencer les résultats en matière de sécurité en temps de crise. Certains analystes avertissent que l’inaction de la Chine pourrait encourager les États-Unis à entreprendre d’autres actions risquées.

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