Voici pourquoi les commerces non essentiels ne sont pas près de rouvrir

Alexander De Croo (Open Vld) – Isopix

Alors que des organisations comme Comeos, le SNI et l’UCM plaident pour la réouverture des magasins non essentiels avec un système de rendez-vous, les chiffres actuels semblent aller à contresens de ces recommandations. Et pour cause, la situation sanitaire d’aujourd’hui est loin d’être similaire à celle que nous avons connue en mai, lorsque la première phase de déconfinement a été amorcée. 

Les derniers chiffres communiqués par Sciensano laissent penser que l’on pourrait bientôt entrevoir la lumière au bout du tunnel. Hier, David Clarinval, le ministre des Indépendants , s’est engagé à plaider pour la réouverture des commerces et de l’Horeca lors du prochain Comité de concertation, qui se tiendra ce vendredi. 

Mais  les chiffres sont sans appel. Ces progrès ne sont pas encore suffisants pour que les mesures soient assouplies, surtout si l’on se base sur les chiffres du mois de mai, période à laquelle le gouvernement avait assoupli ses mesures.

Oui, les chiffres sont rassurants…

  • Ce lundi, on recensait en moyenne 3.672 nouveaux cas détectés par jour, contre 16.154 fin octobre
  • Le nombre d’admissions quotidiennes dans les hôpitaux est désormais inférieur à 300, soit une moyenne de 294 nouvelles admissions par jour, soit une diminution de 33% par rapport à la période précédente.
  • Le nombre de décès diminue également. Entre le 14 et le 20 novembre, 165 personnes en moyenne sont mortes chaque jour, ce qui représente une diminution de 15,7%. 
  • Actuellement, le taux de positivité dans notre pays est de 14,2%. Fin octobre, ce chiffre était encore supérieur à 29%.
  • Il faut toutefois garder à l’esprit que dans la mesure où la capacité de testing vient d’augmenter, les chiffres pourraient, à leur tour, augmenter aussi. Actuellement, moins de 30.000 tests de dépistage sont effectués chaque jour. Le but est d’augmenter la capacité de testing, mais qui dit plus de tests, dira plus de contaminés. 

…mais pas autant qu’en mai

La situation sanitaire s’améliore sur le territoire belge, mais il y a un mais… En vue du prochain Comité de concertation qui se tiendra vendredi prochain, certains espèrent un assouplissement des mesures, mais le Premier ministre préfère se montrer prudent : ‘Au niveau de l’incidence, on voit une baisse (..) Mais on voit que la pression dans les soins intensifs reste très élevée. Nous restons complètement dans le rouge’, a-t-il déclaré sur RTL TVi ce dimanche, en précisant que la situation sera à nouveau examinée vendredi. 

Des propos corroborés par nos collègues du Soir. Le 6 mai dernier, le nombre de nouvelles admissions dans les hôpitaux était de 102, contre 300 aujourd’hui, alors que le nombre de lits occupés était de 2.699, contre 5.024 le 22 novembre. Or, c’est en date du 6 mai que la Belgique avait assoupli les règles de son premier confinement.

Force est de constater que la Belgique se situe toujours au niveau d’alerte maximale et que la prudence reste de rigueur. Si certains comptent sur un assouplissement des mesures pour célébrer Noël en famille, à un mois des fêtes, il est encore trop tôt que pour se prononcer.

Verdict ce vendredi

La majorité des mesures devrait rester d’actualité jusqu’au 13 décembre, la réouverture des commerces non essentiels va néanmoins revenir sur la table ce vendredi. Le Comité de concertation s’était en effet engagé à réévaluer la situation d’ici le 1erdécembre. 

Toutefois, le Premier ministre tempère encore une fois : ‘J’aimerais bien donner de la perspective, mais des faux espoirs, c’est encore pire. On regardera vendredi. Je suis tout à fait conscient de la demande. Je comprends le désespoir de certaines personnes’, a-t-il ajouté.

Mais si on se base sur les chiffres, un déconfinement des commerces non essentiels ne sera pas pour demain.