Vaccination annuelle, antivax et Big Pharma: le CEO de Pfizer fait le point

Pour Albert Bourla, CEO de Pfizer, il y a de fortes chances pour que le vaccin contre le coronavirus devienne annuel – Isopix

Alors que le vaccin de Pfizer/BioNTech est petit à petit administré à la population mondiale, le CEO de la firme américaine a accordé une longue interview à l’agence Bloomberg. Extraits choisis.

Dans un premier temps, Albert Bourla, le CEO de Pfizer, a tenu à faire preuve d’optimisme. On n’en attendait pas moins de sa part. Il a indiqué qu’il ne fallait pas ‘avoir peur’ des variants du Covid-19. Comme il le martèle depuis des mois, dans le pire des cas, la formule du vaccin pourra rapidement être mise à jour.

Concernant les retards de livraisons, Bourla s’est aussi montré confiant. Son entreprise ‘essaie de considérablement augmenter ses capacités de production.’ Il recommande seulement ‘un peu de patience’.

Mais sur d’autres sujets, le CEO de Pfizer a livré des informations un peu moins consensuelles.

Un vaccin par an et une version… lyophilisée

Il y a deux semaines, le CEO de Moderna, Stéphane Bancel, avait affirmé que le monde devrait vivre avec le coronavirus ‘pour toujours’. Albert Bourla a tenu un discours similaire. D’après lui, ‘il semble que le Covid-19 soit là pour rester’.

Si le Covid-19 ne nous quitte pas, cela signifie qu’il faudra apprendre à vivre avec lui. Pour Bourla, cela pourrait impliquer que l’on doive se faire vacciner chaque année contre le virus. Comme pour le grippe.

‘Le vaccin Covid va-t-il devenir comme le vaccin annuel contre la grippe ?
Je ne l’exclurais pas. Si vous m’aviez demandé il y a deux mois, j’aurais répondu oui, c’est une possibilité. Si vous me le demandez aujourd’hui, je pense que c’est une forte possibilité’, a-t-il déclaré à Bloomberg.

Un vaccin annuel qui doit être conservé à -70°C, ce n’est pas très pratique. Pfizer en est bien conscient et travaille sur de nouvelles formes de son produit.

‘Et l’une d’entre elles est, par exemple, une version lyophilisée, c’est-à-dire une poudre que l’on reconstitue. Nous sommes très avancés dans ce projet, donc je pense que nous commencerons à le tester sur des humains au cours du premier semestre de cette année’, a confié Bourla.

‘Ne laissez pas la peur vous envahir’

Interrogé sur le scepticisme, voire la peur, qui habite une partie de la population face aux vaccins contre le Covid-19, le CEO de Pfizer a tâché de se montrer convainquant.

‘C’est un travail pour vous en tant que journaliste, c’est un travail pour le gouvernement, c’est un travail pour chaque scientifique’, a-t-il répondu à l’intervieweur de Bloomberg. ‘Ce que je dirais aux personnes qui craignent le vaccin, c’est qu’elles doivent reconnaître que la décision de le prendre ou non n’affectera pas seulement leur propre vie. Elle affectera la vie des autres. Et très probablement, cela affectera la vie des personnes qu’elles aiment le plus, qui sont celles avec lesquelles elles sont le plus en contact. Si vous ne prenez pas le vaccin, vous devenez le maillon faible qui permet à ce virus de se répliquer. Réfléchissez donc à deux fois avant de prendre une telle décision. Et ne laissez pas la peur vous envahir.’

Le succès du secteur privé

Enfin, Bourla s’est félicité du rôle joué par le secteur privé depuis le début de la pandémie. Sur le plan de la vaccination, mais pas seulement.

‘Je crois que l’une des grandes leçons que le Covid nous a enseignées est que le pouvoir de la science est entre les mains du secteur privé. C’est le secteur privé, l’industrie des soins de santé, qui a résolu la [pénurie] de respirateurs au début. Et c’est l’industrie des soins de santé qui a apporté les tests en un temps record. Et plus tard, les traitements, et maintenant les vaccins. Ces choses ne sont pas arrivées par hasard. Elles sont arrivées parce que nous avions une industrie dynamique’, s’est-il réjoui.

Le CEO de Pfizer a conclu en reconnaissant également l’importance de la collaboration entre les entreprises privées et les organismes de réglementation et les universités.