Une canicule extrême pourrait faire peser sur l’économie mondiale des pertes de plusieurs centaines de milliards d’euros


Principaux renseignements

  • La canicule menace la croissance économique mondiale avec des pertes potentielles de plusieurs centaines de milliards d’euros.
  • La hausse des températures réduit la productivité des travailleurs et fait grimper les coûts d’exploitation.
  • Les systèmes énergétiques et logistiques fragiles risquent un effondrement systémique lors des pics de canicule.

Une étude récente d’Allianz Trade met en garde contre le fait que l’intensification des vagues de chaleur extrême constitue une menace systémique pour l’expansion économique mondiale. Si l’intensité des années les plus chaudes depuis 2014 persiste entre 2026 et 2030, les grandes puissances européennes telles que l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la France pourraient voir leur croissance économique diminuer de 5 à 7 pour cent. Ces perturbations pourraient se traduire par des pertes financières s’élevant à des centaines de milliards d’euros. Johan Geeroms, représentant d’Allianz Trade, souligne que les vagues de chaleur ne sont plus des phénomènes météorologiques occasionnels, mais sont devenues des freins économiques permanents qui coûtent des milliards chaque année.

Baisse de productivité due à la chaleur

La baisse de productivité est l’un des principaux facteurs à l’origine de ces pertes ; lorsque les températures grimpent entre 30 et 35 degrés Celsius, la production horaire diminue d’environ 3 pour cent pour chaque degré supplémentaire. À cela s’ajoute la hausse des coûts d’exploitation, due à l’augmentation de la demande en systèmes de refroidissement et à la baisse du niveau des cours d’eau.

Geeroms note que l’impact financier érode d’abord la rentabilité des entreprises, puis réduit le pouvoir d’achat des consommateurs.

Baisse des investissements

Les pertes attendues sont vertigineuses si les cinq années les plus chaudes enregistrées depuis 2014 devaient se reproduire. Le Japon serait confronté à une perte de production potentielle de 354 milliards de dollars (305 milliards d’euros), suivi de la France avec 240 milliards de dollars (205 milliards d’euros), de l’Italie avec 147 milliards de dollars (125 milliards d’euros), de l’Allemagne avec 131 milliards de dollars (131 milliards d’euros) et de l’Espagne avec 120 milliards de dollars (103 milliards d’euros).

Si les dépenses de consommation sont affectées, la baisse de la demande d’investissement est encore plus grave, pouvant chuter de près de 15 pour cent en dessous des niveaux habituels. Par conséquent, la chaleur extrême est désormais considérée comme un facteur de risque critique plutôt que comme une simple prévision météorologique.

Vulnérabilités régionales

Bien que les Pays-Bas soient moins gravement touchés que l’Europe du Sud, ils restent très vulnérables. Dans des secteurs tels que l’industrie, la logistique et la construction, la productivité s’effondre dès que les températures dépassent 32 degrés, une seule journée de canicule équivalant en fait à la perte d’une demi-journée de grève. De plus, la dépendance de l’économie néerlandaise à l’égard d’une logistique ouverte la rend fragile ; les défaillances liées à la chaleur sur les réseaux routiers, ferroviaires ou de navigation intérieure nuisent directement aux exportations et aux carnets de commandes des entreprises.

Les infrastructures énergétiques sous pression

Les infrastructures énergétiques constituent une autre vulnérabilité critique. La hausse massive de la demande en électricité pour la climatisation et le refroidissement des centres de données et des bureaux coïncide avec la période où les centrales électriques sont les plus susceptibles de tomber en panne.

En raison d’un manque d’eau de refroidissement, certaines centrales pourraient être contraintes de réduire leur capacité précisément au moment où le réseau est soumis à la plus forte pression, créant ainsi une instabilité systémique précaire. (fc)

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