Un virus créé par l’homme: 1 Français sur 4 continue d’y croire

Isopix

Depuis l’apparition du virus du covid-19 en Chine, de nombreuses théories du complot circulent dans la population. Une théorie revient plus souvent que les autres: le virus a été créé par l’homme. Un Français sur quatre continue d’y croire.

On ne sait pas tout sur le virus SARS-CoV-2 qui provoque une pandémie de covid-19. Cependant, s’il y a une chose dont les scientifiques sont sûrs, c’est de son origine animal. Comme l’a expliqué le virologue Jean Ruelle à La Libre: ‘On voit que le coronavirus humain ressemble fort à celui que l’on peut observer chez la chauve-souris, qui est une espèce très porteuse en coronavirus’. Mais c’est le pangolin qui a véritablement transmis le virus à l’homme. ‘La séquence du virus humain ressemble assez fort à la séquence retrouvée chez le pangolin, espèce qui était présente au marché de Wuhan en Chine, l’épicentre du virus’.

Cependant, les explications des scientifiques ne semblent pas convaincre la population. Un sondage de l’IFOP a montré que 26% des Français croyaient en la théorie d’un virus créé en laboratoire. Aux Etats-Unis, le pourcentage grimpe à 29%. Ne nous croyons pas plus intelligent que le reste du monde: en Belgique, cette théorie du complot a aussi ses adeptes. L’UCLouvain a lancé une étude sur le sentiment des Belges sur le confinement et une partie traite en particulier des fake news et des théories du complot. Les résultats sont attendus.

Virus créé par les américains

Si vous n’avez pas encore vu cette théorie du complot sur les réseaux sociaux, en voici un petit résumé. La majorité des complotistes pensent que les Américains ont créé le virus dans les laboratoires et puis l’ont propagé en Chine pour réduire la population asiatique. Les scientifiques se seraient cependant contaminés eux-même et auraient ramené le virus en Occident.

En Chine, on dit exactement l’inverse des Américains et du méchant Trump qui veut affaiblir son rival économique. En France, c’est un labo financé par la France et installé à Wuhan qui suscite toutes les suspicions. Le tout a été démonté.

Il est vrai qu’il existe des virus créés en laboratoire. Les Chinois ont même travaillé sur le virus du SRAS. Mais le but était de comprendre l’évolution d’un virus pour mieux endiguer la maladie. D’autres virus créés en laboratoire ont servi à réduire la population d’une espèce animale invasive. Et malheureusement, parfois l’expérience dérape et touche aussi les espèces indigènes. Cependant, comme l’explique le journal Le Monde, les virus créés en laboratoire sont totalement différents des virus naturels et cela se voit dans leur ADN. Le coronavirus a, sans aucun doute de la part du monde scientifique, un ADN animal.

Les raisons de leur popularité

Les raisonnements complotistes se basent généralement sur le fait que rien n’arrive pas hasard. Elles ont besoin d’une explication, d’une raison à un événement considéré comme grave. Ainsi, la pandémie a des effets trop importants pour que ce soit simplement le résultat d’une combinaison de petits faits naturels. La théorie donne une unique cause à la pandémie. De plus, elle est facile à comprendre, contrairement à la réalité complexe et remplie d’incertitude.

Les franges de la population les moins formées sont donc souvent les premières à croire dans ses théories du complot. Les discours scientifiques ressemblent à du chinois pour elles. Elles ont du mal à comprendre les termes techniques et ne peuvent donc pas suivre la logique des experts. Ils privilégient sans le vouloir un discours complotiste, beaucoup plus simple à comprendre.

La propagation des théories peut s’expliquer aussi par une méfiance croissante de la population envers les autorités. Comme l’explique Marie Peltier, historienne, ‘Ce n’est pas épisodique, il y a un vrai problème de défiance par rapport au pouvoir politique et aux médias’. Beaucoup de théories du complot mettent d’ailleurs en cause les dirigeants. Moins les gens ont confiance en leurs politiques, et par extension en les médias considérés comme à la botte des autorités, plus ils se dirigent vers des sites d’informations parallèles, qui peuvent publier ce type de théorie.

Enfin, aujourd’hui, communiquer n’a jamais été aussi simple. Il est très facile de repartager des fake news, même sans le savoir, sur les réseaux sociaux. L’application Whatsapp est, par exemple, particulièrement utilisée pour faire circuler des fakes news dans son entourage.

Pour comprendre l’origine animale des virus, on vous conseille cet excellent documentaire ARTE, Épidémies : la menace invisible.

Lire aussi: