La Russie tenterait de déstabiliser l’Europe à coup de désinformation sur le coronavirus

Moscou, en Russie (Isopix)

Quand le monde entier tente de calmer les esprits au sujet du coronavirus, en Russie, le Kremlin essaye de faire l’inverse. Selon un document de l’UE, le gouvernement russe a lancé une vaste opération de désinformation sur le coronavirus.

Les médias d’Etat russe diffuseraient de fausses informations en français, en anglais, en espagnol et en allemand sur le Covid-19. Le but: compliquer la communication de l’Union européenne sur ses actions contre la pandémie. Ainsi la Russie pourrait aggraver le sentiment de sévérité de la maladie, créer la panique et au final semer la méfiance envers les autorités européennes.

Le Kremlin réfute ces allégations, affirmant qu’elles sont infondées et illogiques. Il est vrai que tout le monde tente de ne pas céder à la panique. La Russie ne compte encore que 147 cas. Au vue de la grandeur du pays et de ses frontières avec la Chine, c’est un score très peu élevé.

80 cas de désinformations sur le coronavirus auraient été enregistrés par les autorités européennes depuis le 22 janvier. Mais selon le porte parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le rapport de l’Union européenne ne donne aucun exemple et aucun lien vers les articles incriminés. Il ne s’agit pour lui que du ‘résultat d’une obsession anti-russe’.

L’Europe, quant à elle, a cité des exemples lituaniens. Elle tente aussi de prouver les résultats en montrant que le réseau social espagnol, RT Spanish, financé par l’Etat russe, était la 12e source d’information avec le plus grand nombre de nouvelles partagées sur le coronavirus.

Renverser l’Occident

Selon le rapport de neuf pages de l’Union européenne, le but de cette désinformation est ‘d’aggraver la crise de santé public dans les pays occidentaux’. Et cette manœuvre entrerait dans le programme global de la Russie pour ‘renverser les sociétés occidentales’.

Pour l’OTAN et l’Union européenne, la Russie tente de déstabiliser l’Occident en exploitant les divisions internes. Si la désinformation russe n’a apparemment pas touché le grand public en Europe, la Russie réussit toutefois à proposer des plateformes pour les populistes eurosceptiques afin de polariser les débats.

Certains messages pro-Kremlin affirmeraient même que le coronavirus est ‘une création humaine, militarisée par l’Occident’. Selon le rapport européen, d’autres discours avaient pour destination l’Italie, deuxième pays le plus touché par la maladie. Ils affirmeraient que les hôpitaux étaient surchargés et que les médecins devaient choisir entre ceux qui pouvaient vivre et ceux qui allaient mourir.

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