Un premier vaccin pour tenter d’enrayer la disparition des abeilles

Les populations d’abeilles domestiques sont en proie à diverses maladies graves. Mais les apiculteurs disposent maintenant d’une arme efficace contre l’une des plus virulentes.

Pourquoi est-ce important ?

La diminution drastique des populations d'abeilles - mais aussi de beaucoup d'autres insectes - est devenue un des grands symboles des désastres écologiques à venir. Outre le fait que nous consommions leur miel, les abeilles font partie des grands pollinisateurs, essentiels à nos cultures.

Dans l’actualité : le département américain de l’Agriculture a autorisé l’utilisation du premier vaccin au monde conçu pour les abeilles domestiques.

Une maladie qui décime les ruches

  • Ce vaccin a été mis au point par Dalan Animal Health, une société américaine de biotechnologie.
  • Il doit permettre de protéger les ruches contre la loque américaine, une maladie causée par la bactérie sporulante Paenibacillus larvae. Celle-ci infecte les jeunes larves d’abeille via leur système digestif, avant d’utiliser leur corps comme culture de spores, qui infecteront ensuite les larves voisines.
  • Si l’infection n’est pas repérée et éliminée à temps, par l’apiculteur ou par les abeilles, le couvain entier de la colonie peut être rapidement atteint par la bactérie, ce qui peut mener à son extinction.
  • Il n’existe actuellement aucun remède contre cette maladie, qui, dans certaines régions des États-Unis, a été détectée dans un quart des ruches signale The Guardian, et qui est présente aussi en Europe. Mais maintenant il existe un vaccin.

« Notre vaccin est une percée dans la protection des abeilles domestiques. Nous sommes prêts à changer la façon dont nous prenons soin des insectes, ce qui aura un impact sur la production alimentaire à l’échelle mondiale. »

Annette Kleiser, directrice générale de Dalan Animal Health
  • Le vaccin fonctionne en incorporant un extrait de la bactérie dans la gelée royale avec laquelle les abeilles ouvrières nourrissent la reine, qui devient ainsi « porteuse » du vaccin. La génération suivante de larves d’abeilles en développement est alors immunisée contre la loque dès l’éclosion.
  • Selon Dalan, cette méthode d’administration, qui permet de protéger toute une colonie par l’intermédiaire de la reine, pourrait être utilisée pour trouver des vaccins contre d’autres maladies liées aux abeilles, comme la version européenne de la loque.

Protéger les abeilles domestiques… Aux dépens des espèces sauvages ?

  • Les abeilles domestiques nous donnent accès à leur miel, mais elles sont aussi et surtout nécessaires à la pollinisation de nombreux végétaux qui, sans elles, ne se développent pas.
  • Or les insectes pollinisateurs sauvages, dont de nombreuses espèces d’abeilles, mais familières des humains, sont en voie de raréfaction rapide, victimes des pesticides et du changement climatique.
  • Leur possible disparition met en danger tant la pyramide alimentaire que nos propres chaines d’approvisionnement. Celles-ci dépendent donc de plus en plus de la pollinisation des abeilles domestiques.
  • Mais celles-ci sont en proie à diverses maladies contagieuses telles que la loque, aggravées justement par la pratique, aux États-Unis en particulier, de déplacer les ruches d’une région à l’autre pour favoriser la pollinisation des récoltes, ce qui répand les épidémies. Une possible crise alimentaire mondiale à venir sera peut-être avant tout une crise des populations d’insectes.
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