Un fameux faux départ: Wall Street connaît le pire début d’année depuis 2009

Le mois de janvier a été synonyme de fortes baisses pour les principaux indices boursiers. Les actions de la tech ont également perdu des points. Le mois de février devrait rester exposé aux mêmes turbulences, notamment dans l’attente de la hausse des taux d’intérêt.

Un début d’année calamiteux pour les différents indices boursiers. Après une année flamboyante, avec une envolée de 27%, le S&P 500 finit le mois de janvier avec une baisse de 5,3%. Le pire mois de janvier depuis 2009, après l’éclatement de la crise financière de 2008. La performance sur un mois est également la pire depuis mars 2020, où l’explosion de la pandémie avait provoqué les premiers confinements.

Le Nasdaq, indice de la Bourse qui reprend les valeurs technologiques, est toujours en territoire de correction, avec une baisse de plus de 10% depuis son sommet en novembre, et un baisse de 9% depuis le début de l’année. Il s’agit de son pire début d’année depuis 2008.

Cette baisse est générée par la crainte d’une hausse des taux d’intérêt de la part des Banques centrales, notamment de la Réserve Fédérale. Avant, l’argent quasi gratuit, mesure de relance économique, alimentait notamment cette envolée des cours. Mais désormais l’inflation est devenue trop importante, et la hausse des taux d’intérêt est inévitable.

« Le thème principal de janvier a sans aucun doute été la poursuite de la volonté d’un resserrement de vis d’un certain nombre de banques centrales à la lumière des pressions inflationnistes continues et persistantes, ce qui a conduit les investisseurs à prévoir un cycle de hausse beaucoup plus rapide dans les mois à venir », estiment des observateurs de la Deutsche Bank dans une note aux clients, citée par CNN Business.

La tech, championne de 2021, perdante de janvier

En 2021, les différentes actions des Big Tech étaient les chevaux de trait des bons résultats de la Bourse en général. Mais en janvier, ce sont alors celles qui ont le plus perdu. Amazon -10%, Facebook et Alphabet, maison-mère de Google, -7% (cette dernière a cependant connu un rebond en début de février, suite à l’annonce de ses résultats trimestriels et de la multiplication du nombre des actions par 20). En encore plus mauvaise posture : l’application pour boursicoteurs Robinhood et la plateforme de cryptos Coinbase, avec respectivement -20% et -25% sur le mois de janvier.

Mais la tendance à la baisse est généralisée, et concerne tous les secteurs. Les plus petites entreprises qui sont liées de manière plus proche à l’économie américaine ont eu du mal aussi en ce début d’année. Elles sont par exemple reprises sur l’indice boursier Russell 2000, qui a perdu 9,7% en janvier, et se tient aujourd’hui 17% en dessous son sommet, en novembre.

Semaines turbulentes à venir

Vers la fin du mois, la tendance baissière s’était déjà quelque peu calmée. Lundi, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont terminé dans le vert, avec respectivement 1,2%, 1,9% et 3,4% en plus que la journée précédente. Mais toujours est-il que la situation reste tendue, et l’indice de CNN sur la peur et la cupidité reste calé sur la peur.

Une quelconque remarque des preneurs de décision – imaginons, la déclaration de la date et du pourcentage de la hausse des taux d’intérêt – peut vite provoquer une nouvelle baisse des cours. Les investisseurs semblent en tout cas rester agités, note l’analyse de CNN. Un constat également dressé par Nicholas Colas, de Datatrek Research, qui voit le mois de février rester exposé au mêmes aléas que ceux du mois de janvier, et le joker le plus perturbateur sont les politiques de la Fed.

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