Un accord signé pour un grand gazoduc en Méditerranée… et déjà des problèmes

Les dirigeants de Chypre, de la Grèce et d’Israël ont signé jeudi un accord de base qui permettra la construction du gazoduc EastMed en Méditerranée. La Turquie, cependant, fait preuve d’une résistance féroce.

Le projet EastMed concerne un gazoduc destiné à transporter du gaz naturel de la Méditerranée orientale vers l’Europe. D’énormes réserves de gaz ont été découvertes dans le bassin Levantin en Méditerranée ces dernières années. Via Chypre et la Crète, le gaz serait acheminé vers le continent grec par un gazoduc de plus de 2.000 kilomètres de long.

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Chypre et Israël, dans les eaux territoriales desquels se trouvent les bulles de gaz, voudraient ouvrir les robinets à l’UE en 2025. Le coût du projet est estimé à environ six milliards d’euros.

C’est un pas vers l’ambition de l’Europe pour devenir moins dépendante du gaz russe. Il pourrait ainsi satisfaire 10 % de la soif de gaz naturel en Europe. Selon le Premier ministre grec Mitsotakis, il apportera prospérité et stabilité à la région méditerranéenne.

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Bon, ce dernier point reste encore à voir. Car le gazoduc est controversé: la Turquie aussi avait des vues sur ce gaz. Selon le président Erdogan, le fait que le droit maritime international exclue le bassin Levantin de la zone d’exploitation économique turque est un détail négligeable…

Cette carte montre les frontières maritimes que la Turquie revendique unilatéralement en Méditerranée. Source : Diplomate turc.

Début décembre, il a déclaré unilatéralement que la plus grande partie de la Méditerranée orientale était constituée d’eaux territoriales turques. Les frontières maritimes de la Grèce et de Chypre ont ainsi été complètement ignorées.

Entre-temps, Ankara a déjà rejeté l’accord EastMed et parle d’une tentative de la Grèce, de Chypre et d’Israël ‘d’encercler la Turquie’.

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