Thomas Pesquet revient sur son rôle de commandant de l’ISS: perte d’orbite, tournage d’un film, et difficultés du retour sur Terre

Tous les explorateurs de l’espace n’ont sans doute pas eu droit à un retour aussi médiatisé ; il faut dire que Thomas Pesquet est devenu une figure bien connue du grand public. Après un second séjour dans la Station spatiale internationale (ISS), cette fois-ci en tant que commandant de la mission, celui-ci est revenu sur Terre mardi dernier.

Trois jours plus tard, l’astronaute français s’est prêté au jeu d’une conférence de presse depuis la ville allemande de Cologne, durant laquelle il a répondu aux questions des internautes. Voici les moments qui l’ont le plus marqué durant ce séjour de six mois en orbite de notre bonne vieille planète.

Style autoritaire pour situation d’urgence

En tant que commandant de l’ISS, Thomas Pesquet a eu à gérer deux événements inédits dans la carrière – bientôt finissante – de la station. Le premier était l’arrivée, pour la première fois, de cosmonautes non professionnels : l’actrice russe Yulia Peresild et le directeur cinématographique Klim Shipenko, venus tourner le premier film dans l’espace, intitulé « Le Défi ».

“Ce n’était pas des professionnels, mais au final ça s’est très bien passé. On s’est mis d’accord gentiment, mais fermement sur les règles. Il se trouve qu’ils ont été très pro et que ça s’est très bien passé.”

Plus impressionnant, il a aussi vécu la modification d’orbite de l’ISS suite à l’enclenchement malencontreux du réacteur d’un vaisseau Soyouz arrimé à la station, la faisant dévier de sa course habituelle. Pour le Français, c’était en quelque sorte une « chance » de pouvoir se confronter à un tel moment de crise:

« L’autre aspect du rôle de commandant de bord, c’est dans les situations d’urgence. C’est un style autoritaire, il faut qu’une seule personne ait la décision si l’appareil est en danger. On n’a pas perdu la communication avec le centre de contrôle au sol. Au final, on a réparti les rôles pour que tout se fasse en bonne intelligence.”

L’astronaute n’a pas chômé durant les six mois qu’il a passé en orbite:

« La Station spatiale, si on n’a rien à faire de la journée, c’est un peu une prison avec une très belle vue. Globalement, on est extrêmement limité dans ce qu’on peut faire. Ce qui nous sauve, c’est la sélection des profils psychologiques et surtout l’activité, le travail. Tous les jours, on a énormément de travail. On est occupé et le temps passe très vite. »

Il a même eu l’occasion de travailler sur l’extérieur de la station, avec un scaphandre pour toute protection contre le vide spatial:

« C’est plus facile d’évoluer en apesanteur que sur Terre. Les sorties extravéhiculaires sont les plus difficiles, avec un scaphandre qui nous protège, mais limite nos mouvements. Pendant 6 à 7 heures, on se bat contre cette armure et on met quelques jours à s’en remettre.”

La Lune, à quand le second chapitre ?

Celui qui a eu la chance et la responsabilité de commander sur l’ISS le confirme : on est bien à l’aube d’une nouvelle ère de la conquête spatiale, et l’humain sera de retour sur le satellite de la Terre très bientôt, avant de se fixer des objectifs plus lointains:

« Aujourd’hui, toutes les agences sont d’accord – et ça n’arrive pas souvent – pour retourner sur la Lune, mais de manière plus durable, en utilisant les ressources in situ, pour des buts scientifiques, en coopération. Une fois qu’on aura fait ça, on ira faire la même chose sur Mars. C’est vraiment la feuille de route de l’exploration. […] Sur les radiations, une des solutions c’est l’eau. Si on arrive à avoir un design où les réserves d’eau servent également de ‘mur’ au vaisseau, on a gagné. Mais l’eau en apesanteur est difficile à contrôler. Si on accepte un risque maximum de 3%, on peut se dire qu’une mission vers Mars ne passera pas, mais à 5% elle passerait peut-être. Après personnellement, à 3% comme à 5% je n’y vais pas.”

Le plaisir d’une douche

Thomas Pesquet a tenu à rassurer le public : malgré ces 6 mois passés en apesanteur, les médecins le jugent en très bonne santé. Il a passé de nombreux tests dès son retour sur Terre. Mais il ne cache pas que le retour à la surface et à sa gravité n’est pas facile tous les jours :

« Il faut reprendre conscience de la possibilité de ne rien faire. Quand on est là-haut, on est tous occupé sur le même objectif pendant six mois, et ce n’est pas si facile de retourner sur Terre reprendre une vie normale. Ici, à Cologne, je me suis retrouvé pris dans un embouteillage et j’hallucinais de ce qui était en train de passer : deux jours avant j’étais sur l’ISS et me voila, coincé dans une voiture parmi 3000 autres personnes. »

Ce qui lui a fait le plus plaisir à son retour, restait toutefois un plaisir très simple : la possibilité de prendre une douche. Impossible en apesanteur, car l’eau ne s’écoule pas vers le bas.

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