Taux d’intérêt élevés et signes de récession : l’immobilier n’échappera pas à la correction des prix

En France, les principales agences du pays s’attendent à un recul des prix de l’immobilier en 2023. Jusqu’à 10%, particulièrement dans les grandes villes. En Belgique, on s’attend plutôt à un atterrissage en douceur. Mais avec l’inflation, les propriétaires seront de toute façon perdants.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis des décennies, l'immobilier connait une croissance presque continue des prix. L'année prochaine pourrait marquer un coup d'arrêt.

Dans l’actu : les agences immobilières françaises voient les prix de l’immobilier perdre 2 à 10% de leur valeur.

  • Le rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs commencent à s’inverser. En France, le nombre de biens à vendre augmente alors que la demande s’effondre, rapporte BFM TV.
  • Le site d’annonces Bien’ici constate une forte hausse de l’offre de 12% pour les biens à vendre. Mais les recherches pour les maisons à vendre ont baissé de 29% sur la plateforme.
  • En conséquence, l’agence immobilière L’Adresse table sur une baisse des prix de l’immobilier de 5 à 10%. Le réseau Laforêt est moins pessimiste et voit les prix baisser de 2 à 3%.
  • Ce sont les propriétaires issus des très grandes villes qui devraient payer les pots cassés. C’est aussi là que la flambée des prix a été la plus spectaculaire ces dernières années.

En Belgique : un atterrissage en douceur.

  • Le marché immobilier belge résiste mieux. Au troisième trimestre, l’activité immobilière dans notre pays n’a reculé que de 1,4 % par rapport à l’année précédente.
  • En conséquence, les prix de l’immobilier ont augmenté, même si la tendance ralentit : le prix d’un logement a augmenté au cours des neuf premiers mois de l’année : +7,6 % par rapport à la moyenne annuelle de 2021.
  • Mais avec l’inflation, qui dépassera probablement les 8% en moyenne cette année, il y a une baisse réelle des prix : -1,2 % pour les maisons et -5,4 % pour les appartements
  • KBC table sur une augmentation de 5% des prix de l’immobilier en 2022, et de 2,5% en 2023. Soit un atterrissage en douceur. Mais avec l’inflation qui devrait persister l’année prochaine, la baisse des prix réels sera d’autant plus importante.
  • Pour la première fois depuis longtemps, les propriétaires vont perdre de l’argent dans l’immobilier.

L’essentiel : les acheteurs doivent-ils se montrer patients ?

  • La BCE ne compte pas arrêter sa politique monétaire restrictive de sitôt. Si bien que les taux d’intérêt devraient encore augmenter.
  • Le but recherché par la Banque centrale est de refroidir l’économie pour faire baisser l’inflation : ce qui nous mène tout droit vers la récession. Elle sera réelle dans l’UE pour le 4e trimestre 2022, a prévenu récemment la Commission.
  • La question est piégeuse : les acheteurs doivent-ils compter sur une forte correction des prix avant de se lancer dans un achat ? Ce serait une erreur, selon l’agence immobilière L’Adresse, car la correction des prix sera largement dépassée par la montée des taux d’intérêt.
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