Suite à ses trop nombreuses affaires de dopage, la Russie est exclue des deux prochains JO

(Isopix)

C’est une décision historique dans le monde du sport : la Russie est exclue de toutes les compétitions internationales pendant deux ans et cela comprend les Jeux olympiques d’été au Japon en 2021 et ceux d’hivers en Chine en 2022. Le pays est accusé de tricherie et de dopage institutionnalisé.

Le tribunal arbitral du Sport de Lausanne a rendu sa décision ce jeudi 17 décembre. Une exclusion de deux ans est la sentence pour toutes les affaires de dopage actuellement connues de la Russie. Toutefois, le pays s’en sort encore bien puisque l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait demandé une peine de 4 ans. La Russie pourra donc faire son grand retour aux JO de Paris en 2024.

Les deux parties se montrent finalement satisfaites de l’accord, selon le journal Le Monde. De son côté, le président de l’AMA, Witold Banka s’est dit ‘heureux d’avoir remporté cette affaire qui fera date’.

De l’autre côté, la Russie se considère satisfaite de ne pas voir ses sportifs être bannis ‘collectivement’. En effet, les sportifs qui réussiront à prouver qu’ils n’ont jamais été impliqués dans les affaires de dopage pourront tout de même se rendre aux prochains JO, mais sous pavillon neutre. Autrement dit, ils pourront gagner des médailles pour eux, mais pas pour la Russie.

Un dossier qui dure depuis 10 ans

La question des dopages russes est bien complexe et dure depuis 2010. Le comité antidopage russe a toujours affirmé qu’il n’y avait pas eu de triche, et ce malgré les nombreux témoins qui ont rapporté ses faits.

Tout a commencé avec les révélations en 2010 de la coureuse russe de demi-fond Yuliya Stepanova sur le dopage institutionnalisé en Russie. Mais à l’époque, aucune mesure n’avait été prise. Les athlètes russes avaient pu continuer à se rendre aux JO. Et c’est d’ailleurs à Sochi en 2014 que la triche avait pris la plus grosse ampleur, avec des flacons d’urines, destinés aux tests antidopage, automatiquement échangés avant les contrôles.

Le documentaire Icare, primé aux Oscars, recueille les aveux de Grigory Rodchenkov, ex-président de l’agence antidopage russe, qui explique comment la triche s’était institutionnalisée dans les compétitions sportives russes. L’homme est aujourd’hui l’un des lanceurs d’alerte les plus recherchés de Russie et le plus important informateur de l’AMA.