L’UE consacre plus de 10 milliards d’euros à l’aide énergétique, mais une étude révèle que la plupart des aides sont mal orientées


Principaux renseignements

  • Les mesures d’aide mises en place par les États membres de l’UE, d’un montant de 10 milliards d’euros, en faveur des consommateurs et des entreprises, sont en grande partie inefficaces, car la majeure partie de ces aides ne parvient pas à ceux qui en ont le plus besoin.
  • Malgré leur expérience passée en matière de crise énergétique, les gouvernements de l’UE continuent de privilégier des solutions précipitées mais mal ciblées qui aggravent les inégalités sociales.
  • Les dirigeants de l’UE appellent à des mesures plus complètes allant au-delà d’une coordination accrue et de réductions d’impôts, notamment des ressources supplémentaires pour l’électrification, une flexibilité budgétaire et une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.

Le conflit en cours en Iran a eu un impact significatif sur les prix de l’énergie, incitant les États membres de l’Union européenne à dépenser plus de 10 milliards d’euros pour tenter d’atténuer les effets sur les consommateurs et les entreprises.

Dépenses mal ciblées

Cependant, selon une étude menée par le groupe de réflexion Bruegel, basé à Bruxelles, ces dépenses n’ont pas été ciblées efficacement. Environ 80 pour cent des mesures mises en œuvre, y compris les baisses d’impôts généralisées, n’ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin.

L’Espagne représente près de la moitié des dépenses totales consacrées au soutien énergétique, suivie par l’Allemagne. L’escalade de la crise énergétique aggrave les perspectives économiques de l’UE, alourdissant la charge qui pèse sur les budgets publics et menaçant à la fois la croissance et l’inflation, en particulier en Allemagne. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a récemment exprimé ses inquiétudes quant au fait que tous les pays de l’UE ne disposent pas de la capacité budgétaire nécessaire pour absorber l’impact de la hausse des prix.

Des défis qui s’accumulent

Ce dernier conflit aggrave les défis auxquels est confronté le bloc des 27 pays, alors qu’il continue de faire face aux conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a entraîné des prix du gaz record. Au cours de cette crise, les gouvernements de l’UE ont alloué plus de 500 milliards d’euros pour soutenir les consommateurs.

Malgré ces expériences, les gouvernements de l’UE ne semblent pas avoir pleinement tiré les leçons de la crise énergétique passée, selon Simone Tagliapietra, analyste chez Bruegel. Il souligne que donner la priorité à des mesures rapides mais mal ciblées va à l’encontre des recommandations des institutions européennes et internationales. Cette approche exacerbe les inégalités sociales et risque d’aggraver encore le problème en augmentant la demande en période de pénurie.

Appels en faveur de solutions globales

Suite à des appels en faveur de solutions plus globales, les dirigeants de l’UE ont récemment insisté pour que de nouvelles mesures soient élaborées afin de faire face à la flambée des coûts énergétiques. Ils ont exprimé leur mécontentement face au plan proposé par la Commission, qui mettait l’accent sur une coordination accrue, des mesures ciblant le kérosène et des réductions des taxes sur l’énergie.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a plaidé en faveur de ressources supplémentaires pour l’électrification de l’économie, d’une plus grande flexibilité des règles budgétaires et d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques. Son gouvernement a mis en place des réductions de TVA sur le carburant, l’électricité et le gaz, ainsi qu’une aide directe aux secteurs agricole, des transports et industriel.

La Commission estime que depuis le début du conflit avec l’Iran, l’UE a supporté plus de 20 milliards d’euros de coûts supplémentaires liés aux combustibles fossiles. (fc)

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